Entrevue avec Saule - Un bel arbre qui bruisse de plaisir et pleure parfois
Mots clés : Francofolies de Montréal, Pierre Lapointe, Saule, Musique, Spectacle, Montréal

Photo: Agence France-Presse
Car Saule est un géant transparent, qui sait la jouer rock'n'roll ou fiesta latino quand il s'agit de cartonner, ou se faire tout petit quand il chante Madame Pipi, son ode aux préposées des cabinets d'aisance. Ou se montrer tout vulnérable quand il décline sa chanson-thème: «Je suis un saule qui pleure / En attendant mon heure / Si le roseau penche / Moi mon coeur flanche... » Saule est le contraire d'une vedette: un type sympa, entier. Du genre qui rigole franchement quand il passe inaperçu à côté des centaines de badauds qui font le pied de grue pour les Pascal Obispo et autres Bruel à l'entrée de l'hôtel Radisson, quartier général des Francos de Spa. Saule est un arbre sain.
«Peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse», résumait-il en conférence de presse avec les Pleureurs, juste avant l'entrevue. «Ça m'est arrivé de jouer guitare-voix devant 6000 personnes comme ça nous est arrivé à sept devant trente. Dans tous les cas de figure, on aborde les concerts avec la même énergie, on essaye d'apporter la même sincérité. Par l'expérience, on se rend compte qu'il ne faut pas avoir peur, parce qu'il y a 7000 ou 8000 personnes devant nous, de faire des morceaux super intimistes. C'est vrai qu'on a tendance à se dire: il y a plein de monde, on va envoyer la patate, et on sait le faire, mais c'est très intéressant de se mettre en danger et de faire des morceaux tendres comme Madame Pipi et Le Baiser.» Confiant, disions-nous.
Il lui a aussi semblé «très intéressant» de partager la scène avec Jeanne Cherhal et Pierre Lapointe dans le cadre d'un plateau Belgique-France-Québec fomenté cet été par les programmateurs des Francos de La Rochelle, Spa et Montréal. «C'est un cadeau. J'avais eu l'occasion de faire les premières parties de Pierre Lapointe et de Jeanne Cherhal et, pur hasard, j'ai eu des coups de coeur pour les deux. Pierre, je l'ai trouvé absolument génial. Après ma première partie, je suis resté pour le voir, assis par terre parce qu'il n'y avait plus de place dans les sièges; j'ai regardé ça comme un gosse, émerveillé par son univers. Et Jeanne, j'ai vraiment une tendresse pour ce qu'elle dégage, la poésie qu'elle amène.»
Ensemble, à La Rochelle, ils ont chanté These Boots Are Made For Walkin', de Nancy Sinatra. Version bilingue. «C'est à l'initiative de Jeanne. Pierre a fait sa partie en français et nous, en anglais, et on finit tous ensemble en français. Ç'a été génial. Mais Pierre nous a expliqué que, si on la reprend à Montréal, il faudra qu'elle soit toute en français. Au Québec, les gens sont plus sensibles aux frontières linguistiques, ce que je comprends très bien.» Saule et le Québec n'en resteront pas là. À l'automne, un retour à Coup de coeur francophone est déjà prévu, assorti d'une tournée en solo à travers le Québec et jusqu'en... Colombie-Britannique. «C'est la première fois que je pars un mois avec ma guitare et ma voix.» Il s'esclaffe, relevant l'énormité de l'affirmation. Il précise. «Je suis déjà parti un mois avec ma voix mais pas avec ma guitare et ma voix... » Plus naturel, tu pousses à même la terre.
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-Saule et Jeanne Cherhal, avec la participation de Pierre Lapointe, demain à 20h au théâtre Maisonneuve de la PdA.
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Collaborateur du Devoir
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