Zorro à l'assaut des parcs

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Jean Numa Goudou
Édition du vendredi 27 juillet 2007

Mots clés : Zorro, Théâtre La Roulotte, Théâtre, Montréal

Le Théâtre La Roulotte redonne vie au célèbre justicier tout au long de l'été

Combats d'épée, poursuites, prouesses inspirées de la magie noire, rien ne sera négligé par le justicier masqué pour sauver son peuple. En jouant Zorro, Vincent Fafard dit réaliser «un rêve de petit gars».

Photo: Annik MH De Carufel

Si vous tombez au hasard d'une promenade sur des dizaines de familles munies de sacs de couchage, de banquettes, de boîtes à lunch, enfin tout pour camper dans un des parcs de Montréal, c'est que Zorro, le célèbre chevalier et justicier masqué à la lame agile et à la ruse facile, est là.

Le Théâtre La Roulotte présente depuis le 28 juin, et ce jusqu'au 16 août, la pièce Zorro, qui est une adaptation de Stéphane Roy. Cette production de la Ville de Montréal, en collaboration avec l'École nationale de théâtre du Canada (ENTC) et du Conservatoire d'art dramatique de Montréal (CADM), est mise en scène par Vincent-Guillaume Otis. Le spectacle en plein air pour toute la famille sera offert gratuitement dans 32 parcs de la ville.

L'histoire se déroule au XIXe siècle, à une époque où la Californie était administrée par la couronne d'Espagne. Le jeune Don Diego (Vincent Fafard) -- dont le père, un mystérieux personnage, venait de mourir -- rentre à Los Angeles à la suite de ses études en Espagne. Il constate avec douleur et impuissance les terribles conditions de vie imposées aux habitants par le gros méchant commandant Monastario (Guillaume Cyr). Diego fera appel à l'esprit de son père pour lui donner la force et l'art du maniement de l'épée. Le but est de sauver son peuple, notamment son amoureuse Isabella (Marie-Évelyne Baribeau), convoitée puis jetée en prison par le capitaine Monastario. Avec tact et ruse, Don Diego réussit à masquer sa véritable identité. Et Zorro (renard en espagnol), l'ancêtre de Batman et de ses amis super-héros, est né.

Combats d'épée, poursuites, prouesses inspirées de la magie noire, rien ne sera négligé par le justicier masqué pour sauver son peuple. «Je pense qu'il y a quelque chose de particulier en Zorro. C'est un libre penseur qui conteste l'autorité, contrairement à Batman qui combat les terroristes, les malfrats. Ce n'est pas la situation actuelle, mais l'histoire est assez actuelle», explique l'interprète de Don Diego, Vincent Fafard, finissant du CADM, que Le Devoir a rencontré mardi dernier à la suite d'une présentation au parc Sir-Georges-Étienne-Cartier dans le Sud-Ouest de Montréal.

Le légendaire Zorro inspire beaucoup de créateurs. Le premier qui a fait paraître, en 1919, Les Aventures de Zorro dans le magazine All-Story Weekly est Johnston McCulley. L'histoire a été adaptée au cinéma dans les années 1920, avant de renaître dernièrement sous les traits d'Antonio Banderas. Isabel Allende a aussi offert sa version de la légende. Sans parler de la série, en noir et blanc, réalisée en 1970 par les studios Walt Disney. En jouant Zorro, Vincent Fafard dit réaliser «un rêve de petit gars». Mais pourquoi Zorro? Pour Guillaume Cyr, alias Monastario, la réponse est simple: «C'est une histoire familiale qui va bien aussi bien avec les enfants qu'avec les adultes», dit-il. Mardi dernier, les éclats de rire des adultes étaient légion. Mais attention aux enfants délicats car une apparition-surprise de Zorro, tout de noir vêtu, portant masque et chapeau, pourrait peut-être les apeurer.

L'idée de donner ces spectacles en plein air dans les parcs participe de la mission de La Roulotte, qui est de «démocratiser» la culture et de faire en sorte que le théâtre aille vers les gens et non le contraire, selon le metteur en scène Vincent-Guillaume Otis. Certaines scènes permettent même aux acteurs de communiquer avec le public. Poursuivie par le capitaine Monastario, Isabella, l'amoureuse de Don Diego, se cache en dessous de sa table de cuisine. «Où est-ce qu'elle est?», demande le commandant au public. «En dessous de la table! En dessous de la table!», s'époumonent les enfants, dont la participation a été très remarquée lors de la représentation dans le Sud-Ouest. «Je chante que je suis muet, mais avec vous je peux communiquer. C'est la magie du théâtre», lance Bernado (Bruno Paradis), qui joue le rôle d'un déjanté ayant subi des sévices dans les prisons du commandant Monastario.

Le Théâtre La Roulotte se promène, depuis 1952, dans les parcs de la ville pour présenter aux jeunes Montréalais et à leurs parents une représentation de théâtre pleine d'humour et de folie. Ce concept, créé par l'acteur Paul Buissonneau, constitue le plus vieux théâtre pour enfants au Québec. Depuis maintenant 54 ans, il a permis à plusieurs générations et plus d'un million de jeunes d'avoir un premier contact avec la magie du théâtre. Visitez le www.ville.montreal.qc.ca/portal afin de connaître le prochain arrêt de Zorro.


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