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Une déclaration de crédibilité journalistique.

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Kristian Bolduc
Envoyé Le jeudi 26 juillet 2007 12:00



La candeur de la relationniste est révélatrice d'une pratique en cours dans la sphère médiatique depuis très longtemps déjà. Depuis toujours, les organisateurs d'événements - qu'ils soient politiques, économiques ou "culturelles" - tentent d'obtenir de la visibilité gratuite dans les journaux, télévisions et autres médias de masse. Rien de neuf sous le soleil. "It's the name of the game", disent les Américains. Un rapport de force normal entre le journaliste qui détient le pouvoir arbitraire de choisir ce qui se trouvera dans le journal et le relationniste qui veut faire "passer" son message.

Ce qui est intéressant ici, c'est la capacité de comprendre le degré d'intégration du capitalisme dans la sphère autrefois réservée à l'information. Si j'étais marxisme, je paraphraserais mon maître en disant que nous avons atteint le stade final du capitalisme, lequel permet au marché de se déployer dans tous les racoins de notre existence.

Il ne faut pas s'étonner d'une telle pratique. Vous vous souvenez de la période du libre-échance canado-américain? On parlait de dérèglementation, de libéralisation des marchés, d'abolition des frontières pour permettre au commerce de se faire librement? Dans la réalité de tous les jours, on constate avec cet article que les conséquences vont jusqu'à une tentative pas très subtile (mais la publicité peut-elle être subtile?????) de décervelage des cerveaux.

Dans les années 1980, le président américain Ronald Reagan a fait abolir la "Fairness doctrine", une loi qui empêchait notamment la concentration de la presse entre les mains de capitalistes dont le seul objectif est la maximisation du profit.

Au Canada, réagissant encore une fois à la pavlovienne, le gouvernement donna l'autorisation au CRTC d'aller dans le sens de la rérèglementation des lois, lesquelles assuraient une pluralité médiatique nécessaire au maintien d'un équilibre démocratique. Résultat: au Québec, seuls Gesca (Power corp.) et Québecor contrôlent plus de 99% des médias; aux États-Unis, General Electric, Disney et AOL Time Warner imposent la même philosophie d'entreprise aux médias sous leur direction. Profitabilité, rendement et réduction des coûts. Et qu'est-ce qui vend des journaux et de la publicité? Des lecteurs qui s'intéressnt aux vedettes et aux faits divers.

Les ralationnistes le savent. Les entreprises de presse le savent. Ensemble, ils font des affaires sur le dos de l'information, de la liberté de presse et de la liberté d'expression. Ils nous veulent seulement pour consommer leurs produits. Et leur donner notre argent.

En affirmant un tel truisme, la relationniste du groupe Gillett dit au Québec entier qu'il ne reste qu'un quotidien qui refuse la putasserie de confondre information et publicité. Un journal qui respecte encore assez son lectorat pour ne pas lui faire avaler une publicité en forme de reportage journalistique indépendant. Rien de neuf sous le soleil, Maurice "Le Noblet" Duplessis utilisait le même stratagème dans les années 1940-1950 pour museler Le Devoir.


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