Festival Salzbourg: moisson de nouveautés avec l'entrée en scène de Jürgen Flimm

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AFP
Édition du mercredi 25 juillet 2007

Mots clés : Jürgen Flimm, Festival Salzbourg, Culture, Théâtre, Autriche (Pays), France (pays)

Michael Schade, qui interprète Rinaldo, et Annette Dasch, dans la peau d'Armide, en répétition en vue de la première samedi de l'opéra Armide, de Josef Haydn.

Photo: Agence Reuters

Paris -- Le Festival de Salzbourg, en Autriche, tiendra à partir de vendredi et jusqu'au 31 août son édition 2007, programmée par un nouveau directeur, l'Allemand Jürgen Flimm, qui parie pour commencer sur des opéras jamais ou rarement donnés ici et des créations théâtrales.

En 2006, année du 250e anniversaire de la mort de Mozart, la manifestation avait consacré son programme lyrique au génie du pays et à ses 22 oeuvres ou fragments scéniques, jonglant ainsi avec des records de budget (plus de 50 millions d'euros, environ 75 millions $CAN) et de fréquentation (environ 240 000 billets vendus).

En 2007, ce mélange unique et prodigue, sur cinq semaines, d'opéras, de spectacles de théâtre et de concerts, qui constitue l'un des plus grands festivals au monde, retrouve une affiche très diverse.

Les ouvrages proposés ont en commun de s'inscrire dans une thématique (cette année, «le côté nocturne de la raison»), premier apport visible de Jürgen Flimm, 66 ans, qui succède à son compatriote Peter Ruzicka comme intendant et directeur artistique.

Formant un large éventail de musiques (du classicisme à la création contemporaine en passant par le répertoire du XIXe siècle), de cultures et de langues (allemand, français, italien, russe), la programmation est originale pour Salzbourg.

À l'exception du Monde de la lune, aucun opéra de Haydn n'avait été monté, curieusement, dans cette terre mozartienne. La première samedi d'Armide, sous la direction musicale du Britannique Ivor Bolton et dans une mise en scène de l'Allemand Christof Loy, est donc un petit événement.

Eugène Onéguine, de Tchaïkovski, entrera au répertoire salzbourgeois le lendemain sous la baguette de l'Israélien Daniel Barenboïm et dans un spectacle de l'Allemand Andrea Breth.

Autre grand de la direction d'orchestre, le Russe Valery Gergiev veillera à partir du 10 août sur un Berlioz inédit ici, Benvenuto Cellini, en compagnie du vidéaste allemand Philipp Stölzl.

Auparavant (première le 3 août), le Freischütz de Weber, monument du romantisme allemand, aura retrouvé un festival qu'il avait déserté depuis 1954.

Mozart sera réduit à deux reprises, l'une très attendue (Les Noces de Figaro ensorcelantes de l'Allemand Claus Guth, cependant sans le chef autrichien Nikolaus Harnoncourt, remplacé par le jeune Britannique Daniel Harding), l'autre plus anecdotique (diptyque Le Directeur de théâtre / Bastien et Bastienne par les Marionnettes de Salzbourg).

Flimm a en outre inscrit dans sa programmation lyrique un spectacle qui s'annonce inclassable, Requiem pour une métamorphose de l'artiste flamand iconoclaste Jan Fabre (création mondiale le 26 août).

Autre choix plutôt novateur, conforme aux goûts de l'intendant Flimm, celui du Belge Luk Perceval pour Molière. Une passion (première le 30 juillet).

Coréalisé avec la RuhrTriennale, festival que Flimm dirigeait en Allemagne jusqu'en 2007, un spectacle de théâtre musical (Vin nouveau d'Italie, création mondiale le 19 août) mis en scène par le turbulent Suisse Christoph Marthaler honorera Giacinto Scelsi, grand compositeur italien du XXe siècle, par ailleurs évoqué lors de huit concerts.

Enfin, Salzbourg sera un grand carrefour orchestral, avec comme toujours une forte présence du Philharmonique de Vienne (cinq concerts) et pour la première fois une résidence du West-Eastern Divan Orchestra, la formation de jeunes pour la paix israélo-arabe dirigée par Barenboïm.


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