La Grande-Bretagne connaît ses pires inondations depuis 60 ans
Mots clés : réchauffement climatique, inondations, Eau, Désastre naturel, Grande-Bretagne (pays)

Photo: Agence Reuters
«Nous faisons aussi tout ce que nous pouvons pour nous assurer que les protections contre de nouvelles inondations soient en place», a ajouté le premier ministre, qui a concédé que la Grande-Bretagne devait améliorer ses infrastructures pour faire face à de telles catastrophes.
«Comme tout pays industrialisé, nous nous retrouvons confrontés à certains des enjeux relatifs au réchauffement climatique», a-t-il estimé.
Le gouvernement a annoncé qu'il allait porter de 600 millions de livres sterling, aujourd'hui, à 800 millions, en 2011, le budget consacré au dispositif de protection contre les inondations.
Brown a rejeté les critiques formulées contre le gouvernement et les administrations publiques, accusés de ne pas avoir su anticiper ces inondations. Quelques semaines plus tôt, de fortes pluies avaient déjà fait plusieurs victimes et provoqué des inondations dans des villes du nord de l'Angleterre. «Je pense que les services de secours ont fait du bon travail», a déclaré Brown.
Le pic n'est pas encore atteint
Le premier ministre s'était auparavant rendu dans le comté de Gloucestershire, où 70 000 maisons ont été privées d'eau potable, et ce nombre pourrait atteindre 140 000 dans les prochains jours. Plus de 40 000 habitations de la région ont été privées de courant tôt hier, après la fermeture d'une centrale électrique.
Le bilan des inondations pourrait atteindre deux milliards de livres sterling, selon les assureurs, qui viendront s'ajouter aux 1,5 milliard de dommages qu'ont causés les inondations de juin.
Neuf alertes aux inondations ont été maintenues. De nombreux endroits du Worcestershire, du Gloucestershire et du Warwickshire, dans le sud de l'Angleterre, sont toujours sous les eaux, et les autorités ont dit que le niveau de l'eau dans les rivières continuait de monter.
Dans certaines villes, les voitures et les camions ont été abandonnés, les rues s'étant transformées en cours d'eau. À bord de canots, les services de secours ont distribué des bouteilles d'eau aux personnes coincées dans leurs maisons et ont évacué enfants et personnes âgées.
Plus de 2000 personnes ont passé la nuit de dimanche à hier dans des refuges et la Royal Air Force ainsi que les hélicoptères des garde-côtes ont été appelés en renfort en fin de semaine pour hélitreuiller des centaines de personnes piégées par les eaux. Il s'agit de l'une des plus importantes opérations de sauvetage menées en temps de paix en Grande-Bretagne.
«J'ai le regret de dire que je ne pense pas que nous ayons encore atteint le pic», a déclaré John Harman, de l'Agence de l'environnement, sur les ondes de la BBC. «Toute cette eau que nous avons vue [...] se trouve maintenant dans le système fluvial. Bien que la pluie ait un peu diminué [...], c'est l'eau dans les rivières qui représente désormais une menace», a-t-il ajouté.
Récoltes menacées
Ce début d'été pluvieux en Grande-Bretagne commence à affecter les récoltes et pourrait provoquer des pénuries de produits agricoles. «C'est un désastre total. La production de lait est en chute libre et c'est dû au temps», estime Tim Brigstocke, consultant en bétail. «Le lait va devenir une denrée rare dans les prochains mois. Nous nous dirigeons tout droit vers d'immenses problèmes.»
La plupart des vaches ont passé leur été à l'intérieur, ce qui a obligé les exploitants à utiliser leurs maigres ressources de fourrage. Le prix de l'alimentation du bétail devrait fortement augmenter avec l'envolée des prix des céréales.
Par ailleurs, les cultures d'orge et de colza, qui sont mûres pour être récoltées, sont menacées. Le maïs, dont la moisson ne doit pas commencer avant le mois prochain, est pour l'instant épargné. «Plus de 70 % de l'orge et du colza sont prêts à être moissonnés, mais on ne peut s'y mettre. Il y a peu d'espoir de pouvoir moissonner cette semaine», explique Brigstocke.
Selon Philip Hudson, conseiller en horticulture auprès de la Fédération nationale des agriculteurs de la Grande-Bretagne, les cultures de légumes sont également menacées. «Le temps humide a causé des dommages aux cultures de pommes de terre, de laitues et de légumes, il y a des champs sous les eaux au moment présent», explique-t-il.
«Ce n'est pas seulement la moisson qui pose problème. Les exploitants ont également des difficultés pour planter, donc les conséquences ne portent pas seulement sur la période actuelle, mais à plus long terme également», poursuit-il.

