Télécommunications - Google pourrait investir des milliards dans les fréquences «ouvertes»

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AFP
Édition du samedi 21 et du dimanche 22 juillet 2007

Mots clés : fréquences «ouvertes», télécommunications, Google, Internet, Économie, États-Unis (pays)

L'image du site de recherche Google se reflète dans l'œil d'un internaute. L'action du géant d'Internet a été sérieusement chahutée hier, car les analystes s'inquiètent de la hausse des dépenses d'embauche même si les résultats financiers du groupe sont en hausse.

Photo: Agence Reuters

Washington -- Le groupe Internet Google a indiqué hier qu'il était prêt, sous conditions, à consacrer au moins 4,6 milliards $US à la vente aux enchères de fréquences «ouvertes» que l'autorité américaine des télécoms envisage au début 2008, dans un communiqué.

«Google a l'intention de faire des enchères à hauteur de 4,6 milliards $US minimum dans le cadre de cette vente», a affirmé son p.-d.g., Eric Schmidt dans une lettre adressée hier au président de la Federal Communications Commission (FCC), Kevin Martin.

La bande des fréquences de 700 MHz, qui sont libérées par les chaînes de télévisions américaines en train de passer au numérique, doit être vendue aux enchères par la FCC d'ici à fin janvier 2008.

Google a posé quatre conditions à cet engagement: les consommateurs doivent avoir la possibilité de télécharger et d'utiliser n'importe quels logiciels, applications ou services; choisir leur appareil téléphonique sans restriction; les revendeurs devront pouvoir acheter des services auprès du détenteur des fréquences «dans des conditions de gros» et les fournisseurs de service Internet devront avoir la possibilité de se connecter en tout point au réseau sans fil du détenteur de la licence.

Aux États-Unis, bien davantage qu'en Europe, les opérateurs téléphoniques choisissent les appareils autorisés sur leur réseau, et n'acceptent pas d'appareils «débloqués» pouvant fonctionner partout.

La FCC doit se prononcer officiellement sur les règles de ces enchères pendant l'été, par un vote de ses membres, selon la presse américaine. L'attribution de ces fréquences pourrait révolutionner le paysage des télécommunications américaines. Elles seront ouvertes à n'importe quel téléphone, mettant ainsi fin au privilège dont disposent les opérateurs de n'accepter que des appareils autorisés sur leur réseau, comme le fait par exemple ATT avec le nouvel iPhone d'Apple.

Action chahutée

Cette manifestation d'intérêt du géant d'Internet n'a pas empêché son action d'être sérieusement chahutée hier, car les analystes s'inquiètent de la hausse des dépenses d'embauche même si les résultats financiers du groupe sont en hausse. Google perdait près de 6 % hier, trébuchant dans sa belle ascension qui a fait progresser le titre depuis un an de plus de 33 %.

Pourtant, le bénéfice net de Google au deuxième trimestre, annoncé jeudi soir, a progressé de plus de 28 %, et le chiffre d'affaires, de 58 %.

«La décision de la direction du groupe de surprendre les investisseurs avec un changement dans les méthodes comptables a provoqué la réaction négative du titre. Cela a rappelé aux gens que Google reste une entreprise non conventionnelle avec des problèmes chroniques de communication avec les investisseurs et des processus de décision peu orthodoxes», souligne Jordan Rohan de la banque RBC Capital Markets.

Le p.-d.g. de Google, Eric Schmidt, a reconnu que les dépenses d'embauche avaient été un peu élevées. «Nous nous retrouvons un peu au-dessus de ce que nous voulions pour nos dépenses de personnel et nous allons surveiller cela», a-t-il dit jeudi lors d'une conférence téléphonique avec les analystes financiers.

«Nous avons embauché un peu plus vite que nous l'envisagions», a-t-il reconnu. Google employait au 30 juin 13 786 personnes à plein temps, contre 12 238 trois mois plus tôt.

Du coup, le bénéfice par action hors éléments exceptionnels, la mesure de la rentabilité de l'entreprise retenue par les analystes, s'est situé un peu en dessous des attentes à 3,56 $US au lieu de 3,59 $US. Ce sont ces petits trois cents qui provoquaient hier la forte chute de l'action en Bourse.

RBC Capital Markets a toutefois maintenu son objectif de 560 $US pour l'action Google alors que la maison de courtage Cowen estime que «le groupe devrait ralentir le rythme de ses embauches au deuxième semestre» en maintenant sa recommandation de «surperformance» sur le titre. La banque UBS se montrait toutefois un peu plus prudente. «Même si nous pensons qu'un ralentissement des embauches devrait contribuer à l'amélioration des marges au second semestre, les torts portés au sentiment et aux attentes des investisseurs sont désormais visibles et l'action devrait plafonner pendant un certain temps», a-t-elle estimé hier dans une note.

Selon UBS, les investisseurs qui suivent Google depuis longtemps vont considérer la baisse passagère du titre comme une occasion d'achat, mais les spéculateurs à court terme devraient s'en détourner «au moins jusqu'à la fin de l'été».

Introduite en Bourse en août 2004 à 85 $US, l'action Google s'est montrée depuis l'une des plus prisées des investisseurs.


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