Revue de presse - Voyage et jeunesse

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Manon Cornellier
Édition du samedi 21 et du dimanche 22 juillet 2007

Mots clés : libre-échange, Amérique latine, Média, Gouvernement, Caraïbes (Région), Canada (Pays)

Malgré un nouveau sondage plutôt décourageant, le premier ministre Stephen Harper n'a pas eu une trop mauvaise semaine. Son voyage en Amérique latine et dans les Caraïbes lui a valu quelques éloges, donnant l'impression qu'il avait eu l'effet escompté.

Selon le Globe and Mail, ce voyage a permis de mieux aligner les intérêts du Canada avec ceux des pays de notre hémisphère, des pays trop souvent négligés et qui ont fini par voir le Canada comme une extension des États-Unis. En présentant le Canada comme un modèle différent, Harper cherche à changer cette image tout en présentant le Canada comme un joueur qui compte. Un retour à la politique de la fin des années 1980 et des années 1990 qui avait mené à la conclusion de l'ALENA et au premier accord de libre-échange entre le Chili et un pays industrialisé. Le désintérêt qui a suivi est désolant, mais il n'est pas trop tard pour corriger le tir car le potentiel commercial reste réel tout comme la possibilité d'épauler ces pays dans leur lutte contre la corruption et le développement de leurs institutions démocratiques. Selon le Globe, «Stephen Harper mérite des louanges».

L'approbation n'est pas unanime cependant. Le Ottawa Citizen s'inquiète de voir le Canada appuyer sans trop de réserves le président colombien Alvaro Uribe. Avant de le soutenir et de se lancer dans un accord de libre-échange, «le premier ministre Stephen Harper devrait s'assurer qu'il est du côté du droit, pas seulement de la droite». Le Citizen reconnaît les efforts du gouvernement Uribe pour rétablir la sécurité dans son pays, mais il note que des enquêtes policières récentes ont révélé des liens entre des proches du président et de son gouvernement et des escadrons de la mort qui ont assassiné des leaders syndicaux et des militants pour les droits de la personne. Le Citizen convient qu'il y a une différence entre un pays où les abus sont le résultat du chaos ambiant, comme en Afghanistan, et ceux où les atteintes sont l'équivalent d'une politique gouvernementale, comme en Chine. Ce qui agace le quotidien est qu'en disant vouloir encourager la Colombie à respecter les droits de la personne, Harper laisse croire que sa situation est plus proche de celle de l'Afghanistan que de celle de la Chine. «Peut-être devrait-il y regarder de nouveau», croit le Citizen.

James Travers, du Toronto Star, constate que la tournée de Harper ne pourra pas arriver à étouffer le lourd bruit de fond venant d'Afghanistan, l'enjeu central de la politique étrangère de ce gouvernement et le problème numéro un du premier ministre. Le dossier afghan contrecarre aussi le message d'indépendance face aux Américains que Harper a essayé de remettre à l'ordre du jour. C'est d'autant plus difficile que jamais les conservateurs canadiens n'ont été perçus comme aussi proches des républicains. Le Canada a pourtant une histoire d'indépendance appréciée dans la région, que ce soit à l'égard de Cuba ou du Nicaragua, mais les nuances sur lesquelles ces positions reposaient ne sont pas la marque de commerce de ces conservateurs. Travers pense que Harper commence à comprendre la nécessité de ces subtilités, ce qui expliquerait sa flexibilité nouvelle envers les Amériques et l'Afghanistan et son désir de se distinguer des États-Unis. Selon Travers, Harper semble avoir saisi que le Canada est pris davantage au sérieux dans la communauté internationale quand il «est suffisamment amical avec Washington pour avoir son oreille mais assez confiant aussi pour lui parler franchement». Travers pense que Harper fait du progrès, il lui reste à trouver les auditoires disposés à l'apprécier.

Des chiffres et... des chiffres

La publication des données de Statistique Canada sur le vieillissement de la population a occupé bien des salles de rédaction. En Alberta, où la population est plus jeune qu'ailleurs grâce à l'arrivée constante de nouveaux travailleurs, on ne se demande pas comment financer le système de santé dans 20 ans mais bien comment préserver une partie de la richesse actuelle pour les générations futures. Le Calgary Herald juge urgent que le gouvernement provincial mette de côté une partie des revenus pétroliers pour ces futurs enfants. Selon le quotidien, un politicien ou un parti qui s'attaquerait au partage de la richesse entre générations gagnerait un avantage électoral important. Le chroniqueur du Herald, Don Braid, faisait remarquer d'ailleurs le fossé qui semble séparer le gouvernement d'Ed Stelmach et la population de la province. Son cabinet est composé avant tout d'hommes d'âge mûr, ruraux et blancs, l'envers de la nouvelle Alberta.

Le temps des cathédrales

Événement marquant demain à Toronto, écrit le National Post. La communauté hindoue inaugure son plus important temple, un mandir fait uniquement de pierres importées, ciselées à la main par environ 2000 artisans, dont 100 sont venus de l'Inde pour travailler sur le site. (Ils sont retournés au chaud durant l'hiver... ). Le temple de 40 millions de dollars, entièrement financé par la communauté, est le premier au pays à être construit en suivant les anciens principes védiques. Le projet a pris 18 mois. Les pierres turques et italiennes ont été acheminées en Inde pour y être sculptées avant de prendre le chemin du Canada pour y être assemblées.

Les pauvres...

Quand la politique monétaire de la Banque du Canada cherchait à calmer la surchauffe économique ontarienne, au détriment entre autres de l'économie québécoise, personne ne trouvait à redire à Toronto. La chanson a changé quand la banque a haussé les taux d'intérêt cet été pour ralentir le boom albertain. Selon le Toronto Star, le Canada a deux économies qui ont un pouls différent, ce qui explique la frustration du gouvernement ontarien. Le Star comprend et se demande si la banque peut même ralentir le tigre albertain. Le quotidien croit que seul le gouvernement de l'Alberta peut y parvenir mais qu'il ne veut pas intervenir. «L'Ontario paie le prix [de ces hausses de taux] avec des pertes d'emplois et une économie affaiblie. La Banque du Canada doit reconnaître ce fait et arrêter de punir cette province pour les choix de l'Alberta», conclut le Star. Ah bon...

J'oubliais l'essentiel. Il n'y en avait que pour Conrad Black cette semaine, mais j'ai cru que vous en aviez peut-être assez, vous aussi. Pour ma part, je vous retrouve le 18 août. Bonnes vacances!

mcornellier@ledevoir.com


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