Un défi au Hamas - Abbas propose de nouvelles élections

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Reuters
Édition du jeudi 19 juillet 2007

Mots clés : bande de Gaza, Hamas, Élection, Religion, Israël (pays)

Aucun calendrier précis n'a encore été établi

Mahmoud Abbas

Photo: Agence Reuters

Ramallah -- Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a annoncé hier l'organisation d'élections législatives et présidentielle anticipées, une initiative aussitôt décriée par le Hamas, qui contrôle Gaza.

On reconnaissait par la suite dans l'entourage d'Abbas qu'aucun calendrier précis n'avait été établi pour ces élections qui pourraient ne pas survenir avant un an.

«Nous allons organiser des élections législatives et présidentielles anticipées et nous n'attendrons pas l'approbation de ceux qui restent assis là-bas à Gaza ou à l'étranger», a déclaré Abbas devant le Conseil central de l'Organisation de libération de la Palestine.

Ce «mini-Parlement», qui compte 115 membres, devrait donner le feu vert de l'OLP au projet d'Abbas, qui préside cette organisation historique.

«Le Hamas a creusé sa tombe de ses propres ongles avec les crimes qu'il a commis à Gaza», a-t-il dit en se référant à la prise de contrôle du territoire par les miliciens armés du mouvement islamiste le mois dernier après de violents combats contre les forces fidèles à Abbas. «Ils se sont dépouillés eux-mêmes de toute légitimité», a ajouté Abbas. Le Hamas avait mis en déroute le Fataht et raflé la majorité des sièges au Conseil législatif palestinien lors des élections de janvier 2006, un an seulement après l'élection triomphale d'Abbas à la présidence.

Les juristes sont partagés quant à la faculté d'Abbas de provoquer des élections législatives anticipées avant l'échéance prévue de 2010. Mais certains font valoir qu'Abbas est habilité à prendre de tels décrets-lois lorsque le Conseil législatif n'est pas en session.

Or, depuis la prise de contrôle de Gaza par les miliciens armés du Hamas, le mois dernier, le mouvement islamiste n'a pu réunir le quorum nécessaire de 67 députés pour tenir une session parlementaire. Outre qu'une moitié des 74 députés du Hamas sont détenus en Israël, les députés d'autres tendances ont refusé de siéger.

À Ramallah, un conseiller d'Abbas, Nabil Abou Roudeinah, interrogé sur un éventuel calendrier pour ces élections, a répondu: «Les élections pourraient avoir lieu dans un délai de trois mois, d'un an ou de plus d'un an. Cela dépendra des préparatifs et des conditions.»

De source diplomatique occidentale, on juge difficile, voire impossible, pour Abbas d'organiser de nouvelles élections sans l'accord du Hamas, qui est suffisamment fort à Gaza pour y prévenir tout scrutin qui n'aurait pas son aval.

Depuis qu'il a limogé le cabinet d'union dirigé par Ismaïl Haniyeh après le coup de force du Hamas à Gaza et nommé en Cisjordanie un gouvernement de crise dirigé par Salam Fayyad, Abbas a reçu des signes de soutien explicites d'Israël et des États-Unis.

L'État juif a débloqué en sa faveur une partie des taxes et droits de douane perçus au nom de l'Autorité palestinienne mais gelés depuis plus d'un an en raison de l'arrivée du Hamas aux affaires gouvernementales. Il doit en outre libérer demain plus de 250 détenus, principalement affiliés au Fatah.

Pour sa part, le président George Bush a prodigué à Abbas un soutien financier, politique et diplomatique accru et tente de lui ouvrir un «horizon politique» en relançant les efforts internationaux pour la création d'un État palestinien viable.


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