La «pottermania» a envahi Internet

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Reuters
Édition du mercredi 18 juillet 2007

Mots clés : J. K. Rowling, Harry Potter, pottermania, Livre, Internet, Grande-Bretagne (pays), États-Unis (pays)

Londres -- Les aventures de Harry Potter ont donné naissance à un monde parallèle sur Internet, où les sites consacrés à l'apprenti sorcier attirent chaque jour des millions de passionnés et jouent un rôle majeur dans le succès des livres et de leurs adaptations au cinéma.

Les romans de la Britannique J. K. Rowling, et les pages Web qui sont nées avec eux, sont tellement populaires qu'une poignée de fans internautes sont devenus à leur tour de véritables célébrités.

Le plus célèbre d'entre eux est sans conteste Emerson Spartz, qui n'avait que 12 ans lorsqu'il a créé le site www.mugglenet.com. Aujourd'hui, avec 40 millions de visites par mois, le site de ce jeune Américain est devenu l'un des plus importants parmi ceux consacrés à Harry Potter et une activité économique viable.

«J'ai passé l'été entier sur la route à signer des milliers d'autographes, ce qui est simplement inimaginable pour un gamin qui a créé un site Web», a-t-il déclaré dans une interview accordée par téléphone à Reuters.

«Harry Potter est arrivé à un point où même ses fans ont des fans», a déclaré le jeune homme, aujourd'hui âgé de 20 ans et étudiant à l'université.

Trafic d'influences

La «pottermania» n'a jamais été aussi intense à mesure qu'on s'approche du 21 juillet, date de sortie en version originale de Harry Potter and the Deathly Hallows, le septième et dernier tome de la saga. Harry Potter et les reliques de la mort sort le 26 octobre en français. Plus de 325 millions d'exemplaires du livre se sont déjà vendus à travers le monde.

Melissa Anelli est administratrice d'un autre site majeur consacré à l'apprenti sorcier, www.the-leaky-cauldron.org. Elle pense qu'Internet a un rôle à jouer, particulièrement entre la sortie des tomes successifs.

«Il se passe parfois des années entre la sortie d'un livre et celle d'un film, et pendant cette interruption l'intérêt ne faiblit pas. Nous maintenons l'enthousiasme», a-t-elle expliqué.

Les deux internautes déclarent que leur succès est aussi lié à leurs relations avec Warner Bros., le studio de cinéma américain qui possède les droits d'adaptation. Dans un premier temps «hostile», selon Spartz, aux sites de fans, Warner a finalement mesuré leur influence et leur portée.

Si l'avenir de ces sites après la sortie du septième tome reste incertain, Spartz et Anelli s'attendent à ce que leurs sites survivent au moins jusqu'au dernier film, prévu sur les écrans en 2010. Ensuite, leur popularité est vouée à s'estomper, reconnaît Spartz.

Potterfictions

Rowling a depuis longtemps compris le pouvoir d'Internet. Son propre site Web (www.jkrowling.com), qui reçoit sept millions de visites par jour, avait accueilli Spartz et Anelli en 2005 pour réaliser une des rares interviews qu'accorde la romancière.

Elle a également publiquement soutenu la campagne lancée par le site Internet The Leaky Cauldron pour empêcher que des fuites ne précèdent la sortie de Harry Potter et les reliques de la mort et ne révèlent la fin de la saga. Car tous les fans du sorcier de Poudlard s'interrogent sur l'identité de l'un des principaux personnages dont l'auteur a annoncé la mort.

Un pirate informatique a revendiqué avoir pénétré dans un ordinateur de Bloomsbury, l'éditeur britannique de Romlings, et découvert les principaux événements du dernier tome.

Reuters a également pu voir sur Internet des photos présentées comme étant celles des dernières pages du septième tome, qui, si elles sont authentiques, donnent la réponse au secret le mieux gardé.

D'autres passionnés laissent aller leur imagination et écrivent la suite des aventures de Harry Potter. On compte ainsi des dizaines de milliers de romans alternatifs.

Harry Potter and the Secret Horcrux, écrit par «Logical Raven» et publié sur le site www.harrypotterfanfiction.com, compte déjà 27 chapitres et le Sunday Telegraph estime qu'il est écrit dans un style plus incisif que celui de J. K Rowling.

«En fait, cela est possible parce que son propre style est tellement insipide que ses lecteurs se sentent capables de faire vivre les personnages», explique la critique du Telegraph, Frances Wilson.


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