Marchés boursiers - Le Dow Jones dépasse les 14 000 points

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Gérard Bérubé
Édition du mercredi 18 juillet 2007

Mots clés : Wall Street, Marchés boursiers, Dow Jones, Économie, États-Unis (pays)

Photo: Agence Reuters

Le Dow Jones a tenté hier une première incursion au-dessus des 14 000 points hier, pour revenir en arrière et fermer tout de même à un sommet historique. Sur un an, le gain de l'indice symbolique de Wall Street atteint désormais les 30 %, un élan que d'aucuns qualifient d'insoutenable mais qui se nourrit de lui-même, par le jeu des fusions-acquisitions.

L'indice des 30 industrielles a établi une nouvelle marque en fermeture en clôturant hier à 13 971,55, en hausse de 20,57 points. En cours de séance, le Dow a franchi la barre psychologique des 14 000 points, pour toucher les 14 021,95. Les participants ont alors accueilli deux statistiques favorables, qui mettaient l'emphase à la fois sur une accélération de l'activité économique et sur une décélération des pressions inflationnistes.

Ainsi, la production industrielle s'est affichée en hausse de 0,5 % le mois dernier, après s'être contractée en mai, ce qui a été capté comme étant un regain de ce secteur après un ralentissement en hiver. Au chapitre de l'inflation, l'indice de prix de gros a baissé de 0,2 % en juin, enregistrant ainsi son premier recul depuis janvier.

Avec ces sommets, l'indice symbolique de Wall Street est désormais en hausse de près de 30 % sur un an alors que celui plus représentatif du marché, le S&P 500, est en progression de 25 %. Dans le segment plus spéculatif largement teinté de valeurs technologiques, le Nasdaq est désormais en hausse de 32 % sur un an.

Un peu trop loin, un peu trop vite? Les analystes de Wall Street observent une montée de la volatilité des cours depuis quelques semaines, mais cette instabilité est davantage le lot d'investisseurs plus inquiets, nerveux ou réticents que de cette recrudescence de la spéculation typique des fins de cycle. Mais l'on retient qu'il y a momentum, que cet élan se nourrit des résultats financiers des entreprises généralement supérieurs aux attentes et du jeu des fusions et acquisitions. À cela s'ajoute l'encouragement venant du loyer de l'argent modeste.

«L'élément déclencheur de l'envolée du Dow Jones réside dans l'espoir de voir les grandes entreprises américaines publier des résultats trimestriels meilleurs que prévu», ont soutenu les analystes, qui ont pourtant rappelé que, fin juin et début juillet, Wall Street craignait pourtant que les difficultés du marché des crédits hypothécaires à risques (dits «subprimes») ne se répercutent en cascade sur les banques, puis sur l'économie en général. Or, le Dow Jones, composé de grandes multinationales, est plutôt le reflet du comportement de titres d'entreprises industrielles «bien placées pour tirer avantage des tendances positives qui se mettent en place à l'échelle mondiale», a-t-on ajouté.

Pour les analystes du Mouvement Desjardins, même si l'élan haussier est rapide, il se justifie par un rythme de progression des bénéfices qui tient le coup, contre toute attente. Cette croissance des profits permet au ratio cours-bénéfices de demeurer près de ses moyennes de long terme. «Dans ce contexte, le marché boursier ne semble pas vraiment surévalué, et l'on ne peut appréhender une période de baisse prolongée des indices sur le seul facteur d'une valeur prétendue trop élevée.» Chez Desjardins, on a donc révisé légèrement à la hausse les cibles pour 2007, en prenant cependant soin de souligner que le gros des gains est peut-être derrière nous.

On se fait tout aussi prudent à la Financière Banque Nationale (FBN). La firme de courtage retient que les fusions et acquisitions à l'échelle mondiale, à 2300 milliards de dollars américains depuis le début de l'année, se situent déjà aux deux tiers de celles de 3500 milliards dollars américains annoncées l'an dernier. Avec les pressions à la hausse récentes des taux sur le marché obligataire et sur celui du crédit à haut risque, l'ardeur des fonds d'investissement pourrait être refroidie. La FBN mise également sur une croissance du bénéfice des entreprises, mais à un taux inférieur au consensus parmi les analystes.

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Avec l'Agence France-Presse


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