À Kandahar, sans illusions

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Claude Lévesque
Édition du mardi 17 juillet 2007

Mots clés : Kandahar, Royal 22e Régiment de Valcartier, Forces armées, Afghanistan (Pays), Québec (province)

Un premier groupe de soldats du Royal 22e Régiment de Valcartier ont débarqué au petit matin

Les premiers soldats partis de Valcartier dimanche sont descendus d'avion aux premières lueurs du jour, ce matin, à Kandahar, en Afghanistan.

Photo: Pedro Ruiz

Kandahar -- Un premier groupe d'un peu plus de cinquante soldats québécois du Royal 22e Régiment de Valcartier ont atterri tôt ce matin sur la base militaire de Kandahar, près du chef-lieu de la province homonyme, l'une des plus agitées du sud de l'Afghanistan.

Environ 2000 autres «Vandoos», comme les Canadiens anglais appellent familièrement les membres de ce célèbre régiment québécois, les rejoindront d'ici un mois, selon un calendrier qu'on garde secret pour des raisons de sécurité.

Les quelques militaires interrogés à leur descente d'avion se disent bien préparés pour leur nouvelle mission, malgré les risques qu'elle comporte. «Je ne suis pas inquiet, a déclaré le capitaine Patrick Hannan, qui s'est porté volontaire pour cette mission. Ça fait quasiment un an qu'on se prépare. On suit les renseignements qu'on reçoit du théâtre [des opérations], ce qui fait beaucoup de lecture.»

L'officier, qui ne veut pas dire dans quel genre de situation de combat il pourrait se retrouver (secret défense), s'attend «à ce que les talibans soient bien préparés». «Il ne faut jamais sous-estimer son ennemi, a-t-il rappelé. Mais les opérations de combat ne sont qu'une partie de notre entraînement. Notre plus grand défi consistera à concilier la reconstruction et le développement avec les opérations de sécurité.»

«Si la population voit les bienfaits de notre mission, elle sera moins portée à donner refuge aux talibans», a-t-il encore avancé.

«Je ne m'attends à rien de plus que ce pour quoi nous avons été préparés», a dit pour sa part le sergent Jonathan Desmarais, qui sera affecté à l'Équipe de reconstruction provinciale de Kandahar, un groupe civilo-militaire qui a réalisé et sécurisé plusieurs projets de développement.

Les opinions sont partagées sur la question de savoir si la présence des «Vandoos» aidera à faire accepter une mission de plus en plus impopulaire, surtout au Québec.

«Je suis convaincu que oui, a dit le capitaine Jérémie Émond. Nous avons fait une grosse campagne d'information auprès des Québécois ce printemps.»

«Non, cela ne fera aucune différence, nous sommes tous des soldats», a au contraire tranché le sergent Jonathan Desmarais.

Les soldats arrivés ce matin prennent le relais de leurs collègues de la base de Gagetown, au Nouveau-Brunswick. Quand ils seront tous arrivés, ils constitueront le gros du contingent militaire canadien en Afghanistan.

Le fait que les militaires de Valcartier soient des francophones dans un environnement où la langue de communication est l'anglais ne devrait rien changer sur le terrain, selon le lieutenant colonel Jean Trudel, chef d'état-major de la Force opérationnelle interarmes, c'est-à-dire de l'ensemble des militaires canadiens en Afghanistan.

«Les Afghans et les partenaires américains, britanniques et hollandais ne verront pas de différence, même si nous, nous pouvons la percevoir, a dit cet officier lors d'un point de presse. La différence ne sera que culturelle. La doctrine, la tactique et les procédures sont les mêmes dans tous les régiments canadiens.»

En fait, plusieurs membres du Royal 22e se trouvent déjà en Afghanistan. C'est le cas du lieutenant colonel Trudel lui-même. C'est aussi le cas des quelque 120 soldats qui oeuvrent au sein de l'Équipe provinciale de reconstruction.

Des civils québécois ou canadiens-français vaquent aussi à diverses tâches sur la base militaire envahie par le sable et la poussière, par exemple derrière le comptoir du restaurant Tim Horton's ou dans le centre de loisirs canadien.

Mais l'arrivée de plus de 2000 soldats francophones du Québec contribuera sans doute à changer l'ambiance qui règne dans cette ville artificielle où se côtoient de 10 000 à 12 000 militaires. Ces derniers sont originaires de plusieurs des 37 pays participant à la FIAS, la force de l'OTAN, mais on y compte une nette majorité d'Américains, de Britanniques et de Canadiens, dans cet ordre.

Après s'être remis de leur long voyage, les soldats de Valcartier passeront les prochaines semaines à se familiariser avec leur nouveau théâtre d'opérations, apprenant des militaires qu'ils sont appelés à remplacer.

Ce n'est pas la première fois qu'un contingent du Royal 22e se rend en terre afghane. En janvier 2004, près de 2000 hommes et femmes de ce régiment avait été déployés pendant six mois dans la région de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan.

D'abord déployée dans le nord du pays, la FIAS a ensuite vu son champ d'action s'étendre vers l'ouest, puis vers le sud pachtoun, qui est considéré comme le fief des talibans.

Depuis 2002, près de 15 000 militaires canadiens se sont succédé en Afghanistan.

Soixante-six d'entre eux y ont perdu la vie, la très grande majorité dans la province de Kandahar, où l'armée canadienne est présente depuis un an et demi.

Les troupes fraîchement arrivées seront réparties entre l'Équipe de reconstruction provinciale, la base située près de l'aéroport de Kandahar et un certain nombre de postes avancés.


Vos réactions


re Tim - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le mardi 17 juillet 2007 23:00

Tim? - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le mardi 17 juillet 2007 09:00

Pas les premiers francophones - par andré michaud
Le mardi 17 juillet 2007 08:00

Sont pas intéressés.... - par jacques noel
Le mardi 17 juillet 2007 07:00

encore! - par Gérard Lépine
Le mardi 17 juillet 2007 06:00

Soldats : sortez de l'armée et de la guerre - par André Chamberland
Le mardi 17 juillet 2007 06:00

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