Le Canada négocie un accord de libre-échange avec la Colombie et le Pérou
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Bogota -- Qualifiant d'allié et de démocrate le controversé président colombien Alvaro Uribe, le premier ministre Stephen Harper a inauguré sa tournée de l'Amérique du Sud, hier, en annonçant l'ouverture de négociations de libre-échange avec la Colombie et le Pérou.
L'intention de négocier une entente de libre-échange avec la Colombie et le Pérou avait été annoncée la semaine dernière, mais la révélation que les négociations ont débuté cette semaine en a surpris plusieurs.
Les groupes de défense des droits de la personne et les organisations non gouvernementales de la Colombie ont immédiatement condamné ces pourparlers, estimant que le libre-échange ne servira qu'à appauvrir encore davantage les quelque 46 millions d'habitants du pays.
«À travers le pays, 30 000 [personnes] ont été détenues ou sont disparues depuis 10 ans, on compte trois millions de réfugiés internes, des milliers qui ont été tués, donc comment peut-on dire: ''OK, il y a tout ce sang qui coule, mais les affaires passent en premier?"», a demandé Lilia Solano, la directrice du Projet justice et vie.
Mais M. Harper, qui effectuait la première visite officielle d'un premier ministre canadien en Colombie, a rejeté ces critiques et les craintes que la Colombie, vue par certains comme le pays le plus violent de l'hémisphère occidental, ne soit pas un bon choix pour la signature d'un accord commercial.
Se tenant aux côtés de M. Uribe après plus de deux heures de discussions, M. Harper a souligné que le président avait eu le courage de faire face au passé et a déclaré que la Colombie se trouve sur le chemin de la démocratie et de la réconciliation nationale.
Des problèmes persistent, a-t-il reconnu, mais cela n'est pas un prétexte suffisant pour isoler la Colombie. «Quand nous voyons qu'un pays comme la Colombie a décidé de s'occuper de ses problèmes sociaux, politiques et économiques, veut épouser la liberté économique, la démocratie politique, les droits de la personne et le développement social, alors nous voulons l'aider», a dit M. Harper.
«Nous sommes ici pour vous encourager et vous aider. Nous ne vous demanderons pas de régler tous vos problèmes sociaux, politiques et de droits de la personne avant d'engager avec vous des relations commerciales. Ce serait une position ridicule.»
Le président Uribe est actuellement embourbé dans un scandale qui a vu une dizaine de membres de son gouvernement, et même son cousin, être accusés d'entretenir des liens avec les violentes milices d'extrême droite. M. Uribe a dit qu'il tente de faire la lumière sur ces allégations, tout comme sur l'assassinat récent de deux politiciens.
M. Harper a affirmé qu'il a évoqué la question des droits de la personne lors de ses entretiens avec M. Uribe.
Le voyage d'une semaine de Stephen Harper comporte aussi des étapes au Chili, à la Barbade et à Haïti, ce qui vient rehausser l'intérêt du gouvernement conservateur envers l'Amérique latine.
Les échanges commerciaux entre le Canada et cette région ont grimpé de 78 % au cours des trois dernières années. La Colombie est le troisième marché en importance pour les exportations canadiennes sur ce continent, notamment pour le blé, les pièces automobiles, le papier journal et l'aluminium.

