U-20: feu d'artifice chilien en clôture
Mots clés : soccer, U-20, Sport, Chili (Pays), Montréal
Montréal fait ses adieux aux grands espoirs du soccer

Photo: Jacques Nadeau
L'égalité est ainsi restée jusqu'à la 96e minute, quand le Chilien Jaime Grondona a profité d'une ouverture impromptue pour placer une tête et donner les devants à la «Rojita». D'un coup, la fête est revenue dans le Stade, un peu ramolli par un deuxième 45-minutes en demi-teinte. Les «Chi-Chi-Chi, le-le-le, Viva Chile!» se sont fait entendre et les Chiliens ont saisi au bond les encouragements.
Les 25 minutes qui ont suivi auront été un véritable feu d'artifice sud-américain. Les Chiliens étaient partout, et le Nigeria débordé. À la 114e minute, Mauricio Isla réussit un tir de pénalité que le gardien nigérian avait (presque) deviné, mais pas tout à fait. Quatre minutes plus tard, il remet ça en échappée, dans le haut du filet. Mine déconfite du gardien. Qui en subira un quatrième quelques minutes plus tard, résultat d'une autre échappée, cette fois de Mathias Vidangossy.
Les puissants Nigérians, ces «Flying Eagles» grands et athlétiques, qui avaient jusque-là bien contenu les joueurs de finesse chiliens (en première demie, Alexis Sanchez a ébloui avec son jeu de pied poétique), semblaient complètement déboussolés, absents. En point de presse après le match, sur un ton empreint de colère, l'entraîneur des Africains a expliqué que le premier but des Chiliens -- qui était près du hors-jeu -- a complètement démoralisé les joueurs. «Quand on est frustré, tout ce que vous faites est négatif», a indiqué Ladan Bosso pour justifier l'effondrement de ses jeunes joueurs.
Quelques instants plus tard, il en rajoutait en assimilant la décision de l'arbitre à du racisme (c'était la journée officielle contre le racisme de la FIFA, la Fédération internationale de football association), ce qui n'a pas été sans mettre mal à l'aise le responsable de la FIFA qui venait remettre son «carton rouge au racisme» au capitaine des perdants...
Bilan tout rose
Mais bon: cela n'a pas vraiment entaché la dernière journée de la fête du soccer à Montréal. On l'a dit, le Stade était encore une fois bondé, hier, et fort animé.
Avant la partie, le comité organisateur a d'ailleurs dressé un bilan tout en rose de l'événement. Les chiffres indiquent le succès: on visait 125 000 billets vendus et 200 000 spectateurs pour l'ensemble des neuf matchs (les trois premiers jours, les billets étaient bons pour les deux matchs des programmes doubles), il y en a finalement eu plus de 230 000 vendus, pour un total d'au moins 350 000 spectateurs. Au lieu d'une moyenne de 25 000 spectateurs par match, le Stade en aura donc reçu quelque 39 000.
Cela fait en sorte que Montréal présentera un budget financier positif, ont confirmé les organisateurs. L'équilibre financier aurait autrement été assuré par la FIFA, qui supportait tous les risques liés à la présentation de l'événement. Le budget Montréal de la Coupe du monde ira rejoindre les budgets des cinq autres villes canadiennes qui ont présenté des matchs. On saura à ce moment si l'ensemble de la compétition a été couronné de succès à travers le pays.
«Nous avons eu à Montréal des matchs de très haut niveau et une organisation impeccable», a indiqué en conférence de presse l'Égyptien Mustafa Lahmy, directeur général des opérations du Mondial U-20 pour la FIFA. Il a parlé d'un «séjour parfait». «Montréal aura le record du plus grand nombre de spectateurs, cela même si on a présenté moins de matchs ici qu'ailleurs.»
Selon le président du comité organisateur du volet montréalais de la Coupe du monde, Francis Millien, Montréal a gagné la compétition dans la compétition: celle avec les autres villes canadiennes. «Nous avons commencé tard [Montréal a changé de comité organisateur il y a un an], mais nous avons rattrapé et même dépassé tout le monde.»
Francis Millien attribue ces succès à un ensemble de facteurs. Le plus important: «That's soccer!». C'est ce qu'il a répondu quand quelqu'un lui a demandé pourquoi Montréal avait cartonné ici et semi-échoué avec l'organisation des championnats aquatiques en 2005.
La popularité de base du soccer a rendu plus facile le travail de promotion. Sans une très grande présence médiatique jusqu'à quelques semaines du début du tournoi, les organisateurs sont allés solliciter à peu près tout ce qui bouge dans le milieu du soccer au Québec, s'assurant d'un bassin de spectateurs que les membres des communautés culturelles -- les grandes responsables de l'ambiance électrisante au Stade -- sont venues gonfler.
Mais aussi, le tirage au sort, qui a notamment permis de voir les équipes du Brésil (avec sa grande vedette Pato), des États-Unis (avec Adu), du Mexique (Dos Santos), de la Pologne (Janczyk) et de la Corée, a aidé grandement, a reconnu Francis Millien. «Nous avons été chanceux.» C'est entre autres ce qui a permis de dépasser des objectifs déjà ambitieux, a-t-il dit.
M. Millien ajoute que Montréal vient de faire la preuve «qu'elle peut accueillir de grands événements internationaux quand on fait un bon travail, une bonne promotion, et qu'on a un bon produit». Prochain objectif? L'organisation de la Coupe du monde féminine, en 2011. «Si ça marche, nous parlerons fort pour avoir la finale ici, à Montréal», promet Francis Millien.
La finale de l'actuel tournoi se déroulera plutôt à Toronto, dans un stade de 20 000 places. C'est qu'au moment où les organisateurs ont choisi où se disputerait cette finale, Montréal n'avait pas de comité organisateur et ne pouvait promettre que le centre Claude-Robillard (10 000 places) pour le tournoi.
Les demi-finales opposeront donc mercredi l'Autriche à la République tchèque, et le gagnant du match Mexico-Argentine (en cours au moment de mettre sous presse) au Chili.
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