Festival international Nuits d'Afrique - Hugh Masekela: légende vivante

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Yves Bernard
Édition du lundi 16 juillet 2007

Mots clés : Hugh Masekela, Festival international Nuits d'Afrique, Festival et fête, Musique, Montréal, Afrique (Région)

Masekela vient de faire paraître Live at The Market Theatre, disque fabuleux enregistré à la salle mythique de Johannesburg lors de la célébration de son trentième anniversaire.

Activisme culturel, combat musical anti-apartheid, trente ans d'exil, puis retour très actif au pays, le chanteur trompettiste résume à lui seul l'évolution de la musique sud-africaine depuis plus d'un demi-siècle. Comment témoigner en seulement quelques lignes de la grandeur du personnage? Nous avons risqué la question élémentaire: se considère-t-il d'abord comme un chanteur ou un musicien?

«J'ai commencé avec le township jazz, puis, dans les années 60, j'ai bifurqué vers le be-bop. À ce moment, Miles Davis, Clifford Brown et Dizzy Gillespie étaient mes idoles. Mais, rendu aux États-Unis, on m'a fait comprendre l'importance de ne pas faire comme les autres jazzmen et d'intégrer ma culture à mon répertoire. Plus tard, j'ai vécu dans plusieurs pays africains, et partout je me suis engagé dans la musique. Maintenant, je me considère d'abord comme un musicien africain de toutes les cultures africaines.»

Masekela, qui se produit à La Tulipe demain, le 17 juillet, vient de faire paraître Live at The Market Theatre, disque fabuleux enregistré à la salle mythique de Johannesburg lors de la célébration de son trentième anniversaire. «Ce fut le théâtre de la libération et de l'art protestataire. Qu'on ne l'ait pas fermé durant les années de l'apartheid relève du miracle», relate l'artiste.

Township jazz spirituel, soul jazz inspiré, chant tribal saisissant, mbaqanga plus dansant. Afrobeat à la sud-africaine, chants livrés en solo avec sa voix éraillée ou dialogués avec les choeurs et la foule, effets dramatiques, conte historique et politique, rappel au blues et aux autres musiques africaines, grands succès internationaux ou africains, hymnes populaires, hommage aux mineurs et aux déshérités, appels aux ancêtres, invocation des dieux pour cimenter le continent, éloges de Mandela et de Dorothy Masuka, grande pionnière de la chanson: Masekela offre toute une fresque.

Et que pense-t-il de l'Afrique du Sud d'aujourd'hui? «Évidemment, on n'est plus harcelé par la police, on peut travailler, vivre où l'on veut. Mais on n'a pas encore acquis l'indépendance économique. Les Noirs, qui représentent 90 % de la population, ne contrôlent que 2 % de l'économie et sont propriétaires de peut-être 5 % de la terre. Cela nous prendra des générations avant de réparer les dommages causés par quatre cents ans de guerre. Il faut également libérer l'industrie de la culture, qui est encore dépendante des intérêts étrangers.» À cela comme au reste, Masekela s'y applique avec ardeur.

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- Hugh Masekela à La Tulipe, le mardi 17 juillet à 20h30. Informations : 514-499-FINA

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Collaborateur du Devoir


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