Pollution: Paris roulera à vélo
Mots clés : Paris, vélo, Pollution, France (pays)
10 600 vélos seront en libre-service dans la capitale

Photo: Agence France-Presse
«Nous nous sommes rendu compte que nous avions un problème de santé publique [...], qui fait que nous devons mettre la lutte contre la pollution au coeur des aménagements et des décisions que nous prenons» pour la ville, a déclaré le maire de Paris, Bertrand Delanoë, dans son discours d'inauguration.
Il espère que les Parisiens et ceux qui travaillent à Paris vont troquer la voiture ou la moto contre le vélo pour les petits trajets, leur permettant d'apprécier ou de redécouvrir la tour Eiffel, le Louvre ou encore les Champs-Élysées.
L'opération est déjà un succès, estime la mairie de Paris, qui a souligné que ses objectifs étaient déjà dépassés avec 13 000 abonnés.
Les cyclistes peuvent choisir 24 heures sur 24 un vélo dans 750 stations dispersées dans la capitale. Tous de couleur grise pour rester «élégants», selon le maire, ils sont munis d'une selle unisexe, d'un panier mais pas de siège d'enfant, et certains en critiquent la lourdeur: 22 kilos.
Mais la plupart sont enthousiastes: «C'est un service qui va changer la vie des Parisiens et je trouve que c'est génial», s'enflamme Quirin Hamp, un Parisien de 28 ans qui fait partie des 50 premiers abonnés invités à la mairie de Paris pour l'inauguration de Vélib.
«Si ça peut éviter les voitures, c'est bien, car c'est vrai qu'on est envahi de voitures», renchérit Nadine Velluet, une autre Parisienne de 43 ans.
Un moyen de transport plus agréable que «le métro, où il fait chaud, souvent bondé», et que le «bus, lent et irrégulier», dit aussi Martine Bouccara, une avocate de 43 ans.
Comme beaucoup d'autres, Clotilde Randriamanpita, une chercheuse en biologie âgée de 44 ans, est ravie de pouvoir louer un vélo car elle n'a pas de place pour en avoir un chez elle, et «dans la rue, c'est pas toujours sûr». Gilbert Arigon, un retraité de 63 ans, dit d'ailleurs avoir renoncé à avoir le sien «au bout de trois vélos volés».
Tous espèrent également que la sécurité sera améliorée, comme M. Delanoë s'y est engagé hier, après la mort d'une cycliste la semaine précédente. «Il y aura à faire une éducation» des automobilistes, estime Mme Velluet.
Chacun peut prendre un vélo à la journée (un euro), à la semaine (7 euros) ou à l'année (29 euros). La première demi-heure d'utilisation est gratuite, le temps moyen d'un parcours à Paris étant évalué à 25 minutes.
Si l'utilisateur, dont la borne a enregistré les coordonnées bancaires, ne rend pas son vélo, il lui en coûtera 150 euros.
La mairie de Paris prévoit un total de 20 600 vélos et vise 200 000 abonnés d'ici à la fin de l'année, ce qui va augmenter le nombre de cyclistes parisiens, qui a déjà progressé de plus de 50 % en cinq ans.
Pour l'heure, la ville ne compte que 370 km de pistes cyclables, y compris les couloirs de bus (contre 180 au début de 2001), et 150 000 trajets quotidiens se font à vélo, soit seulement 2 % des déplacements.
Le système est financé par le géant de l'affichage JC Decaux, qui a obtenu les droits en contrepartie de 1600 panneaux publicitaires (un marché de 60 millions d'euros par an), après une rude bataille juridique avec l'Américain Clear Channel, que le Français a finalement remportée.

