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Désordre à la cour
Petit à petit, subtilement, l'appareil de justice de ce pays s'est mis au service d'une idéologie et des groupes de pression, dérogeant un peu plus à chaque fois de la neutralité essentielle à l'exercice de sa mission. Cette situation est rigoureusement documentée dans le travail érudit du professeur Robert Ivan Martin : « The most dangerous branch; How the supreme court of Canada has undermined our law and our democracy ». Voilà également la véritable nature des coupures annoncées l'an dernier par le gouvernement Harper dans le financement de Condition Féminine Canada, afin que ces fonds ne servent plus à alimenter le programme de contestation judiciaire mené par le « Women's Legal Education and Action ».
En raison de cet asservissement, nos tribunaux sanctionnent désormais des crimes qui n'en sont pas sur la base de déclarations mensongères sans que jamais la police n'intervienne pour en évaluer la vraisemblance ou que la couronne ne s'interroge sur l'intérêt de la plaignante. Ces situations se déroulent quotidiennement devant nos tribunaux, particulièrement lorsque les accusations en matière criminelle sont utilisées à titre de levier pour bonifier les chances de garde exclusive, comme le déplore un collègue de Mme Otis, le juge Jean-Louis Beaudoin dans un jugement sévère envers la couronne et la police (http://www.canlii.org/fr/qc/qcca/doc/2003/2003canlii47946/2003canlii47946.html).
Ces faits troublants militent pour la mise sur pied d'une véritable Commission Royale d'Enquête sur l'Administration de la Justice au Québec. C'est seulement après ce nécessaire exercice que nous serons informés de ce qui se trame réellement dans nos officines de justice et que le public sera enfin rassuré quant au fonctionnement de cette institution.
