Le voyageur tuberculeux est poursuivi pour 1,4 million au Québec
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Huit passagers d'un avion ont intenté formellement hier une poursuite de 1,4 million de dollars contre un avocat américain qui a ignoré les mises en garde et inquiété les autorités sanitaires en montant à bord d'un avion alors qu'il se savait atteint d'une puissante forme de tuberculose.
M. Speaker avait ignoré les avertissements des autorités sanitaires et s'était embarqué en mai à bord d'un vol de Prague à Montréal.
Dans des documents déposés jeudi à la Cour supérieure du Québec, les passagers canadiens ont décrit les craintes exprimées par leurs proches et les dérangements occasionnés par l'incident dans l'exercice de leur travail.
Un homme de 72 ans affirme qu'il doit maintenant vivre dans une pièce à part, séparé de sa femme, pour éviter toute possibilité de contagion. Ses enfants refusent de le voir et ne laissent pas ses petits-enfants s'en approcher.
Selon l'avocat de l'homme, Anlac Nguyen, ce passager est aujourd'hui atteint de tuberculose, mais on ne sait toujours pas si son cas est attribuable à sa présence à bord de l'avion.
L'étudiant universitaire Nassim Tabri était assis dans la rangée devant celle d'Andrew Speaker sur le vol du 24 mai. Depuis son retour, l'université Columbia, où il fait une maîtrise en sciences sociales, lui a demandé de rester à la maison. Il a aussi dû annuler un voyage dans son pays natal, le Liban.
«Qu'est-ce qui lui est passé par la tête?, a déclaré M. Tabri à propos du voyageur contagieux. C'est vraiment imprudent, égoïste et absolument non nécessaire. Il doit être puni pour cela.»
Nassim Tabri réclame 142 000 $ en dommages, la plus importante somme parmi les plaignants. Son frère, Rami Tabri, avec qui il habite, s'est joint à la poursuite parce qu'il a peur d'être contaminé.
Le père et partenaire de droit d'Andrew Speaker, Ted Speaker, a affirmé hier ne pas avoir entendu parler d'une poursuite et n'a pas commenté davantage.
Dans un message affiché la semaine dernière sur son blogue, Andrew Speaker espérait que des nouvelles précisions à propos de son diagnostic -- qui est passé de tuberculose résistante aux antibiotiques de façon extensive à tuberculose résistante à plusieurs antibiotiques -- calmeraient un peu les gens. «Je ne peux qu'espérer que cette nouvelle aide à calmer les craintes des personnes qui étaient sur le vol avec moi», a-t-il écrit.
Andrew Speaker affirme qu'il ne croyait pas représenter un danger pendant ses déplacements. Il se sentait bien et avait fait du jogging une semaine avant son voyage.
Selon lui, les instructions initiales des autorités sanitaires américaines n'étaient pas claires. Il avait reçu un diagnostic de tuberculose avant son voyage en Europe, mais n'a découvert qu'une fois arrivé là-bas que sa maladie résistait à plusieurs médicaments.
La poursuite allègue que M. Speaker a ignoré les instructions des autorités américaines, qui lui ont demandé de se rapporter aux autorités italiennes.
Selon la poursuite, il n'a même pas pris la précaution de porter un masque lors du vol.
Me Nguyen affirme que ses clients devront vivre longtemps avec l'incertitude parce que la tuberculose est particulièrement lente à se manifester chez les personnes qui en sont atteintes.
«Personne ne peut affirmer qu'ils n'auront pas la tuberculose, a estimé Me Nguyen. Ils ne le sauront pas maintenant, ni l'an prochain, ni avant plusieurs années. La douleur et la souffrance sont réelles.»
Andrew Speaker a été placé en quarantaine à son retour aux États-Unis, une première dans ce pays depuis 1963.

