Pakistan: Deux attentats en représailles à l'assaut contre la Mosquée rouge
Mots clés : Pervez Moucharraf, Mosquée rouge, Violence, Pakistan (pays)
Le président Pervez Moucharraf promet d'éradiquer l'extrémisme et le terrorisme du pays

Photo: Agence Reuters
Le mouvement insurrectionnel du Lal Masjid (Mosquée rouge) recrutait dans les zones tribales du Nord-Ouest, où l'activisme islamiste et l'opposition au gouvernement sont très répandus.
Hier, un kamikaze a tué deux personnes en frappant le bureau de Pirzada Khan, le plus haut administrateur fédéral du Nord-Waziristan, l'une des sept régions semi-autonomes du pays, a rapporté un témoin blessé dans l'explosion.
Le président pakistanais, Pervez Moucharraf, a, peu après les attentats, promis d'éradiquer «l'extrémisme et le terrorisme du moindre recoin du pays». «Je veux dire clairement que l'extrémisme et le terrorisme n'ont pas encore été éradiqués du Pakistan. Mais nous sommes résolus à les éliminer du moindre recoin du pays», a-t-il dit lors d'un discours à la nation.
Il a considéré que l'assaut contre la Mosquée rouge d'Islamabad était «inévitable», car étant «un foyer» d'extrémistes que le numéro deux d'al-Qaïda a appelé à venger.
Lors de son discours télévisé, le général-président, qui arborait une tenue sombre et non son uniforme militaire, a demandé aux milliers d'écoles coraniques que compte le pays de prêcher la modération. Il a appelé les responsables et les imams de ces écoles «à enseigner les véritables valeurs de l'islam et à éloigner l'extrémisme de leurs esprits».
Mercredi, dans un message sonore diffusé sur Internet, le numéro deux d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, a exhorté de son côté les Pakistanais à se révolter contre le régime de M. Moucharraf. «J'en appelle aux oulémas du Pakistan. Moucharraf et ses chiens vous ont déshonorés au service des croisés [Occidentaux] et des juifs», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, deux milliers de personnes se sont rassemblées hier pour les funérailles, dans son village natal de la province du Punjab, d'Abdul Rashid Ghazi, le chef des irréductibles de la mosquée tué dans l'assaut. Scandant «Allah Akbar» (Dieu est grand), les fidèles étaient encadrés de centaines de policiers déployés par crainte d'attentats en représailles à l'assaut donné à la Mosquée rouge.
Pendant ce temps, les autorités pakistanaises cherchaient à identifier les cadavres des militants qui ont trouvé la mort dans les affrontements à la Mosquée rouge afin d'établir si des islamistes étrangers comptaient parmi eux. «On va prendre les empreintes des cadavres et les photographier en vue de leur identification et de l'enquête», a indiqué un responsable des forces de sécurité.
Au cours des heurts à la Mosquée rouge, qui avaient commencé le 3 juillet, le gouvernement avait affirmé que des étrangers liés à des mouvements proches d'al-Qaïda et liés à des talibans combattant en Afghanistan avaient pris le commandement des radicaux. Des ministres avaient notamment évoqué la présence d'Ouzbeks.
Aucun corps de femme ou d'enfant, enterré ou non, n'a été découvert. Avant l'assaut, les autorités avaient accusé les islamistes de retenir en otage des centaines d'étudiants d'écoles coraniques, dont des femmes et des enfants.
Certains observateurs doutaient cependant qu'aucun innocent n'ait fait les frais de l'assaut. «Il s'agirait d'une sorte de miracle si aucune femme ou enfant n'avait trouvé la mort», a estimé le militant des droits de l'homme et avocat Anees Jillani.

