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Afghanistan, encore et toujours

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Gabriel RACLE
Envoyé Le vendredi 13 juillet 2007 15:00



La présence des forces armées canadiennes en Afghanistan pose tant au gouvernement qu'aux partis d'opposition un dilemme bien difficile à résoudre. Tout repose au départ sur l'erreur commise par le président des États-Unis lorsqu'il a décidé d'attaquer l'Irak sous de faux prétextes. D'un côté, il négligeait la guerre aux terroristes d'Al-Quaida en Afghanistan en envoyant massivement ses troupes en Irak plutôt que dans ce pays, et d'autre part, il amenait le Premier ministre canadien d'alors, Jean Chrétien, à s'engager dans une aventure afghane plutôt qu'irakienne, pour soulager les États-Unis.

Il semble clair que cet engagement en Afghanistan ne s'est pas fait sur les bases d'une analyse approfondie de la situation et de ses répercussions. Et lorsqu'il a été question, avec Paul Martin, du déploiement des troupes canadiennes à Kandahar, il n'y a pas eu d'analyse plus poussée de la situation et de ses conséquences.

Or, les conséquences de ce déploiement apparaissent de plus en plus clairement : des pertes en vies humaines toujours plus nombreuses, des coûts financiers qui vont sans cesse croissants et des résultats concrets douteux. Que faire? C'est là que se pose le dilemme qui se résume en deux mots : partir ou rester.

Partir, c'est bien évidemment ternir l'image internationale du Canada, en particulier auprès des autres membres de l'OTAN. C'est quitter le bateau avant qu'il ne coule et n'engloutisse tous ceux qui se trouvent à son bord. Politiquement, par contre, c'est répondre à l'aspiration de nombre de Canadiennes et de Canadiens qui se demandent bien ce que nous faisons dans cette galère, et si l'Afghanistan ne sera pas un Irak bis, dans lequel on ne peut que s'embourber. Mais n'est-ce pas aussi abandonner un pays à la terreur du régime taliban, dont on ne connaît que trop les exactions?

Rester, c'est assumer des risques imprévisibles, c'est-à-dire des pertes en vies humaines, des dépenser incalculables, des résultats incertains, le tout pendant combien de temps, des dizaines d'année? Sur le plan politique, c'est pour Stephen Harper se placer dans une situation délicate, étant donné les réactions de l'opinion publique, Son avenir politique risque de se trouver mis à mal. D'où très certainement ses nouvelles déclarations voulant qu'il ne demande pas à nos troupes de continuer leur travail en l'absence d'un consensus parlementaire.

C'est sans doute la nouvelle façon selon laquelle il envisage de se sortir d'un dilemme insoluble : faire porter à l'ensemble de la députation la responsabilité de la solution. Cette stratégie peut-elle réussir à le tirer d'affaire? Ou, en parlant de « nouvelle mission », a-t-il en réserve une botte secrète qu'il ne sortira qu'à la dernière minute? Pourrait-il s'agir de négocier avec l'OTAN, pour retirer nos troupes de la zone dangereuse de Kandahar et les replacer dans une zone pacifiée, avec une mission de reconstruction, le Canada ayan payé son tribut à la cause commune?

Mais, contrairement à la conclusion de Norman Spector qui déclare que « si le Canada choisit de ne pas continuer sa mission à Kandahar -- et ceci sans même offrir d'y rester si nos alliés acceptent de venir nous y rejoindre --, il se pourrait bien que ses citoyens se lèvent un jour sans être capables de se regarder dans le miroir. », la solution du problème n'est pas d'ordre sentimental. Elle ne peut reposer que sur une analyse rationnelle des faits, de la situation, de ses répercussions, ce que les prédécesseurs de S. Harper ne semblent pas avoir fait. Il serait donc temps d'y procéder et de nous en faire connaître, à nous les citoyens canadiens, toutes les données et tous les résultats. Le député travailliste Aneurin Bevan, alors dans l'opposition, avait raison lorsque le 3 décembre 1956, dans un discours à la Chambre des communes britannique, lors de la crise du canal de Suez, il déclarait : «... quand une nation fait la guerre, elle devrait être tout à fait claire sur sa raison. Et elle ne devrait jamais changer son raisonnement au fil du temps». Cette assertion reste vraie de nos jours.

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