34 jours dans la vie du Liban
Mots clés : Violence, Hezbollah, Guerre, Israël (pays), Liban (pays)
Le pays a basculé dans une nouvelle ère d'incertitude politique

Photo: Agence Reuters
Les visages des 28 «martyrs» de Cana avaient fait le tour du monde, devenant les symboles de la brutalité des représailles de l'État hébreu.
Entre le 12 juillet et le 14 août 2005, plus de 1200 civils libanais ont été tués. Aujourd'hui, un an après le début de la guerre, le souvenir de ces «victimes collatérales» de l'offensive, lancée par Israël pour «éradiquer» le Hezbollah à la suite de l'enlèvement de deux soldats, hantent toujours les foyers de ce petit village où aurait eu lieu le miracle de la multiplication des pains par le Christ. «Nous n'oublierons jamais, dit le frère de Fatma. Mais nous ne baisserons pas les bras. Cette terre est à nous, nous continuerons à la défendre et nous rebâtirons chaque fois qu'ils détruiront.»
Tas de sables, planches de bois, amas de carreaux envahissent chaque parcelle de terrain vide de la région frontalière, qui ressemble à un immense chantier à ciel ouvert.
Ici, un homme, secondé par ses cousins, coule une dalle de béton. Là, des ouvriers soudent des barreaux à des fenêtres fraîchement repeintes. «J'ai dépensé toutes mes économies pour réaliser ces travaux, explique Amal, dont la famille est partie chercher du travail en Afrique.
J'attends que quelqu'un se décide à me rembourser au moins une partie de la somme.» Une multitude d'acteurs se sont engagés à participer à la reconstruction du Sud, ravagé par 33 jours de pilonnages intensifs. Les promesses d'aide internationale ont atteint 7,6 milliards de dollars, lors d'une conférence organisée en janvier à Paris, tandis que sur le terrain, dès l'automne, le Hezbollah, le gouvernement, différents pays donateurs et des particuliers ont entrepris de parer au plus pressé: réhabilitation des ponts, des écoles, des routes, des réservoirs d'eau, du réseau électrique. Tous ont commencé à distribuer des aides directes aux propriétaires de maisons et de magasin détruits. Néanmoins, les lourdeurs administratives, les rivalités de clochers, les fausses déclarations de pertes ou la corruption ont pesé sur un processus qui s'annonçait déjà long et coûteux. Malgré l'énergie déployée par les uns et les autres, bien des hameaux du Sud restent complètement défigurés. Les habitants circulent au milieu des gravats, s'entassent chez des parents, dorment parfois dans des ruines et commencent à perdre patience. «Personne ne m'a donné le moindre sou à part le Hezbollah, lance une mère de famille excédée. Certains qui ont des amis bien placés ont reçu plus que leur part. Moi, j'ai à peine de quoi nourrir mes enfants.» Dans le village chrétien de Bourj el-Moulouk, Rafic, tenancier d'un bar, a reçu 800 $ du parti de Dieu pour remplacer les vitres de son échoppe et remercie lui aussi le Hezbollah, qui aurait déboursé, depuis un an, 300 millions de dollars, essentiellement distribués en argent liquide aux familles pour leur permettre de louer des appartements, d'acheter des meubles et de procéder aux premières réparations. Parallèlement, il fustige le gouvernement libanais, accusé une nouvelle fois de négliger le Sud à majorité chiite. «L'État nous a toujours délaissés et maintenant il se manifeste. Devinez pour quoi? Pour nous réclamer nos arriérés d'eau et d'électricité», explose-t-il en brandissant une facture de 2500 $, cinq ans d'impayés qu'il n'a évidemment pas les moyens de régler.
J'attends que quelqu'un se décide à me rembourser au moins une partie de la somme.» Une multitude d'acteurs se sont engagés à participer à la reconstruction du Sud, ravagé par 33 jours de pilonnages intensifs. Les promesses d'aide internationale ont atteint 7,6 milliards de dollars, lors d'une conférence organisée en janvier à Paris, tandis que sur le terrain, dès l'automne, le Hezbollah, le gouvernement, différents pays donateurs et des particuliers ont entrepris de parer au plus pressé: réhabilitation des ponts, des écoles, des routes, des réservoirs d'eau, du réseau électrique. Tous ont commencé à distribuer des aides directes aux propriétaires de maisons et de magasin détruits. Néanmoins, les lourdeurs administratives, les rivalités de clochers, les fausses déclarations de pertes ou la corruption ont pesé sur un processus qui s'annonçait déjà long et coûteux. Malgré l'énergie déployée par les uns et les autres, bien des hameaux du Sud restent complètement défigurés. Les habitants circulent au milieu des gravats, s'entassent chez des parents, dorment parfois dans des ruines et commencent à perdre patience. «Personne ne m'a donné le moindre sou à part le Hezbollah, lance une mère de famille excédée. Certains qui ont des amis bien placés ont reçu plus que leur part. Moi, j'ai à peine de quoi nourrir mes enfants.» Dans le village chrétien de Bourj el-Moulouk, Rafic, tenancier d'un bar, a reçu 800 $ du parti de Dieu pour remplacer les vitres de son échoppe et remercie lui aussi le Hezbollah, qui aurait déboursé, depuis un an, 300 millions de dollars, essentiellement distribués en argent liquide aux familles pour leur permettre de louer des appartements, d'acheter des meubles et de procéder aux premières réparations. Parallèlement, il fustige le gouvernement libanais, accusé une nouvelle fois de négliger le Sud à majorité chiite. «L'État nous a toujours délaissés et maintenant il se manifeste. Devinez pour quoi? Pour nous réclamer nos arriérés d'eau et d'électricité», explose-t-il en brandissant une facture de 2500 $, cinq ans d'impayés qu'il n'a évidemment pas les moyens de régler.

