Revoilà M. Rozon qui dénonce l'immobilisme et l'emprise malsaine des groupes sociaux et communautaires sur le Québec sclérosé. Quel beau moment de lucidité et quel bel élan d'altruisme. Vous avez bien raison, vous le chantre de l'humour bien gras et bien payant. Notre province est pauvre et notre ville l'est encore plus. Montréal est devenue une ville en sursis mais je ne vois rien dans votre analyse qui puisse expliquer un situation aussi catastrophique. Les visées partisanes et les dérives électoralistes de notre gouvernement provincial sont passées sous silence et notre maire est crucifié par les humoristes qui font désormais de l'humour engagé. Après avoir ridiculisé monsieur et madame tout-le-monde le temps est venu de s'attaquer aux méchants qui ne veulent pas cracher les subventions ou aux gourmands qui osent facturer des services publics aux entreprises culturelles. Nous voilà entré dans une nouvelle ère, celle de l'humour au service des affaires. Vos voyages nombreux et instructifs vous donne le droit de comparer M. Rozon mais vous devriez faire preuve d'une rigueur à la hauteru de vos nobles intentions. Le cas de certaines villes comme Toronto est d'une brûlante actualité. Il s'agit d'une ville fusionné récemment et elle jouit d'un apport massif d'investissements privés (la cosntruction de son opéra en est un exemple récent). Voilà ce qui fait défaut ici M. Rozon car la richesse aujourd'hui n'est pas du domaine public mais du domaine privé. Le dossier du casino que vous ramenez sur le tapis est l'exemple parfait de ce qui m'exaspère, un projet démesuré entièrement financé par l'état, un porjet sans vision, sans originalité qui aurait bénéficié à une petite clique d'entreprises véreuses et qui aurait évidemment connu son lot de dépassement de coûts. Le Cirque du Soleil qui a été selon vous traité d'une manière cruelle, a déjà essuyé des échecs semblables dans d'autres grandes villes nourd-américaines (New York et Miami. Il faut voir dans ces revers l'attitude intransigeante de l'entreprise et de ses partenaires qui exigent des investissements massifs de fonds publics en échange de leur réputation et de leurs expertises. Vous aimeriez sonner l'alarme et donner des leçons M. Rozon mais votre sortie est lamentable et votre discours s'inscrit dans le seul consensus nuisible pour l'ensemble de notre société. Vous parlez la langue du commerce et votre propos est teinté de convoitise et d'égotisme. Vous avez le privilège de régner sur un empire que nous avons financé M. Rozon, un peu de gratitude serait appréciée. Personnellement j'ai toujours la chance de pouvoir payer des impôts mais ma situation précaire pourrait me faire basculer dans les statistiques que vous utilisez d'une manière malhonnête et honteuse. Les sacrifices les plus faciles sont toujours ceux que l'on exige d'autrui.