Le RAG s'attaque à l'industrie du foie gras
Mots clés : Élevages Périgord, Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux, foie gras, Alimentation, Québec (province)
En plus de lancer un pavé dans la mare... aux canards, les accusations de mauvais traitements des volailles faites à l'endroit de Élevages Périgord, un important producteur de foie gras, auront certes le mérite de raviver le débat sur la brutalité envers les animaux de consommation, pense la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).
Ayant pour principe que la cruauté inutile est absolument condamnable, la SPCA dénonce à son tour les agissements de l'entreprise. «Mais le débat est beaucoup plus profond. Est-ce que le public veut savoir d'où provient la viande qu'il consomme?», affirme le directeur de la SPCA, Pierre Barnoti. «Tout retombe sur le producteur ou l'employé qui se retrouve avec une amende de 300 $ et un dossier criminel. Mais qu'en est-il du boucher qui accepte de vendre cette viande ou du consommateur qui l'achète? N'a-t-on pas tous une part de responsabilité?»
Plutôt que de prôner l'élimination radicale de la viande dans la chaîne alimentaire, le directeur de la SPCA souhaite que le gouvernement légifère en faveur d'une plus grande transparence des lieux d'élevage et d'abattage, et d'une inspection du bien-être et de la sécurité des animaux. «Parce qu'il est migrateur, le canard se gave naturellement. Mais bien sûr, il ne le fait pas jusqu'à faire exploser son foie», note-t-il.
M. Barnoti souhaiterait que l'animal consommé puisse être étiqueté «élevé et abattu de façon humanitaire», comme c'est le cas en Colombie-Britannique.
Reconnaissant que le RAG a une position «anti-viande» qui n'est pas nécessairement celle de Monsieur Tout-le-monde, il n'a pas voulu émettre de commentaire sur la crédibilité de l'organisation. «Mais leur action réveille au moins le débat», croit-il.

