Les secteurs du bois et du papier prévoient des temps durs

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Édition du mercredi 11 juillet 2007

Mots clés : foresterie, Peirre Lacroix, papier journal, Économie, Bois, Canada (Pays), Québec (province)

La vigueur du dollar canadien, conjuguée à la faiblesse des prix, entraîne les entreprises du secteur de la foresterie et du papier journal vers leurs plus bas niveaux de rendement enregistrés ces dernières années, a indiqué hier un analyste de Desjardins, alors que ces sociétés s'apprêtent à déclarer leurs résultats trimestriels.

L'analyste Pierre Lacroix estime que même les producteurs de pâte ont constaté un recul de leurs gains à cause de la hausse du dollar et des pressions exercées sur leurs coûts de production.

«Compte tenu de la poussée irrésistible du dollar canadien, la prudence est de mise pour tout le secteur, à l'exception des sociétés Norbord et Domtar, qui profitent d'une faible exposition aux actifs canadiens», a-t-il écrit dans un document transmis à ses clients.

M. Lacroix note que le dollar canadien s'est transigé en moyenne à 91,09 ¢US au deuxième trimestre, en hausse comparativement à son cours de 85,35 ¢US au trimestre précédent, de même que par rapport à celui de 89,11 ¢US à la même période il y a un an Hier, le dollar a clôturé à 95,10 ¢US.

M. Lacroix a laissé entendre que le titre de Domtar représentait une aubaine en raison de son exposition réduite aux actifs canadiens. «Le dollar canadien plus robuste devrait avoir un impact réduit sur ses résultats, puisque la plupart des activités canadiennes de l'entreprise étaient au ralenti», prévoit l'analyste pour le second trimestre de Domtar. Selon lui, «le prix du papier pour copie était en hausse, en moyenne, de 33 $US par tonne par rapport au premier trimestre 2007; combiné à l'ajustement découlant des fluctuations saisonnières des volumes, cela fournira probablement une poussée positive aux bénéfices [...]. Une amélioration du marché pour la pâte à papier, surtout la pâte de feuillus, devrait aussi contribuer aux bénéfices pendant le second trimestre 2007.»

À Toronto, le titre de Domtar a terminé à 23 $, en hausse de 25 ¢, pendant que celui de Norbord perdait 5 ¢ pour clôturer à 9,42 $.

Hausse de taux

Par ailleurs, réagissant à la décision de la Banque du Canada de relever son taux de financement à un jour, le président de l'Association des produits forestiers du Canada (APFC) a demandé à la banque de prendre davantage en considération les grands facteurs économiques et régionaux, notamment la hausse rapide de la valeur du dollar canadien, dans son processus décisionnel.

«Ceux qui affirment que les manufacturiers canadiens connaissent des difficultés parce qu'ils se sont cachés derrière un dollar faible se trompent du tout au tout. Par exemple, le secteur canadien des produits forestiers est un chef de file pour ce qui est de la productivité au Canada, avec un taux de croissance de la productivité du travail qui équivaut au double de celui de son homologue américain depuis 1997. Si l'on ajoute à cela que le Canada est le plus grand exportateur de produits forestiers au monde, on peut dire sans se tromper que nous nous sommes efforcés de réussir sur le marché mondial. Mais comme c'est le cas dans les autres secteurs tributaires des échanges extérieurs de notre économie, même les usines les plus performantes de l'industrie des produits forestiers doivent se battre pour demeurer viables sur le plan économique en raison de la hausse de 45 % de la valeur du dollar en cinq ans», a déclaré Avrim Lazar, président et chef de la direction de l'APFC

Mais la montée sans précédent du dollar a placé une énorme pression sur l'industrie canadienne des produits forestiers et sur les quelque 300 localités, de Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, qui en dépendent pour leur bien-être économique. L'impact va bien au-delà de l'industrie forestière. Depuis 2002, le secteur manufacturier canadien dans son ensemble a perdu 110 000 emplois, dont 32 000 dans l'industrie forestière, souligne cet organisme.adienne


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