Jean Charest rencontre la candidate socialiste défaite à la présidentielle - Ségolène Royal viendra au Québec en septembre prochain
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Photo: Agence Reuters
«C'est du passé. On n'a pas repris le sujet. Je pense que Mme Royal a eu l'occasion d'en parler longuement. Ce n'était pas nécessaire de revenir là-dessus», a déclaré Jean Charest quelques heures plus tard, après une rencontre au Quai d'Orsay avec le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
En janvier, le premier ministre québécois, s'alignant sur Stephen Harper, avait condamné les propos de la candidate socialiste, lui reprochant de «tenter d'influencer les Québécois». Mais, avec le recul, de nombreux observateurs soulignent que la petite phrase prononcée par Mme Royal entre deux portes, à l'issue d'une rencontre d'une quinzaine de minutes à peine avec le chef péquiste d'alors, André Boisclair, n'avait sans doute pas la portée qu'on lui a prêtée.
«C'est une erreur de traduction, le mot "souveraineté" n'ayant pas le même sens en France et au Québec, note en privé un habitué des réseaux franco-québécois. Mais c'était une maladresse que la droite a utilisé, en pleine campagne présidentielle, pour souligner l'inexpérience internationale de Mme Royal. De là à conclure qu'elle a donné son appui à l'indépendance, il y a une marge.»
En tout cas, aujourd'hui, comme l'a souligné Jean Charest, un sourire aux lèvres, la socialiste «semble bien comprendre la réalité du Québec», elle qui vivra en septembre (du 17 au 21 plus précisément) son «premier contact avec le Québec».
La visite devrait être largement dominée par le 400e anniversaire de la fondation de Québec. Mme Royal est présidente de la région Poitou-Charentes, où se trouve Brouage, le village natal de Samuel de Champlain. Le Poitou-Charentes a été choisi pour coordonner les activités de l'ensemble des régions françaises pour les fêtes de 2008.
Vendredi, Jean Charest a également fait le point sur ces festivités avec son ancien homologue, le sénateur Jean-Pierre Raffarin, commissaire français de Québec 2008.
M. Charest a clos sa série de rendez-vous politiques par un «déjeuner» (dîner) avec Bernard Kouchner, qu'il devrait retrouver lors du sommet de la Francophonie, à Québec, en octobre 2008.
Des entrevues à France 24 et à TV5 Monde sont venues conclure la partie parisienne du voyage européen de Jean Charest, qui s'envole ce matin pour Munich, où il devrait aussi faire la promotion de son projet d'«alliance transatlantique» entre le Canada et l'Europe auprès des milieux politiques et économiques.
Demain, il recevra l'Ordre du mérite de Bavière, la plus haute distinction attribuée par l'État bavarois.

