Marchés boursiers: La fusion CBOT-CME crée la première Bourse mondiale
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Photo: Agence Reuters
La nouvelle société née de la fusion, appelée CME Group, sera «la Bourse la plus importante et la plus diversifiée du monde», indiquent les deux opérateurs boursiers de Chicago dans ce communiqué. CME Group devrait avoir une capitalisation boursière de près de 30 milliards $US, soit 50 % de plus que le groupe boursier transatlantique Nyse-Euronext (gérant notamment les Bourses de Paris et de New York).
Il devrait exercer une position dominante sur l'important marché des produits dérivés américains, des instruments financiers en plein essor, qui permettent de parier sur l'évolution des prix de l'immobilier aussi bien que sur les évolutions climatiques.
Le CBOT faisait l'objet d'une offre concurrente et non sollicitée de l'IntercontinentalExchange (ICE), une plate-forme d'échanges électroniques d'Atlanta.
Les produits dérivés
La lutte pour le contrôle du CBOT a connu son dénouement hier, après quatre mois d'affrontements. L'enjeu était de taille: le contrôle du lucratif marché américain des produits dérivés. Ces instruments financiers complexes, qui permettent de parier sur l'évolution des prix de l'immobilier aussi bien que sur le niveau des chutes de neige à Boston, sont en plein essor.
Destinés à l'origine à protéger les investisseurs contre toutes sortes de risques, ils attirent désormais l'argent des fonds spéculatifs, qui les utilisent pour doper leurs gains. Au premier trimestre 2007, le volume total des contrats de produits dérivés échangés sur les marchés mondiaux a augmenté de 24 %, selon la Banque des règlements internationaux. Ils ont représenté 533 000 milliards $US.
Le CME et le CBOT ont concentré leurs efforts sur ce nouveau marché, lançant 137 nouveaux produits en sept ans, liés à la météo, à l'éthanol ou aux défauts de crédit. La croissance des produits dérivés dépend en effet essentiellement de la capacité des opérateurs boursiers à imaginer de nouveaux risques à couvrir.
Comme ces produits rapportent beaucoup plus que la cotation d'actions, la Bourse de New York a aussi fait part de son intention d'entrer sur ce marché. C'était également ce qui a poussé l'IntercontinentalExchange (ICE) d'Atlanta, à convoiter lui aussi le CBOT. Il croisait le fer depuis mars avec le CME à coup de surenchères successives, de lettres aux actionnaires et autres communiqués. Mardi dernier, l'ICE, dont l'offre était déjà jugée supérieure en termes financiers, a une nouvelle fois proposé de mettre plus d'argent sur la table. Vendredi, le CME lui a répondu en relevant son offre pour la troisième fois de suite.
Dans la foulée, le fonds australien Caledonia Investments, premier actionnaire du CBOT avec 7 % des voix, a apporté son soutien à un rapprochement avec le CME. «Une fusion entre les deux [Bourses de Chicago] ne peut que les renforcer», avait expliqué Joe Victor, analyste agricole au CBOT. «Ce que le Mercantile Exchange a à offrir au Board of Trade, c'est beaucoup de créativité dans le lancement et la commercialisation de nouveaux contrats. Et ce que le Board of Trade a à offrir au Mercantile Exchange, c'est d'abord une reconnaissance mondiale, car il est une des plates-formes d'échanges agricoles les plus célèbres du monde», ajoute-t-il.

