Pakistan - L'armée donne l'assaut contre la Mosquée rouge
Mots clés : Mosquée rouge, séquestration, islamistes, Pakistan (pays)

Photo: Agence Reuters
Le responsable a ajouté ne disposer d’aucune information sur le sort d’Abdul Rashid Ghazi, le chef présumé des irréductibles encore retranchés dans la mosquée. Selon le général, aucune explosion suicide n’a au lieu à l’intérieur du vaste complexe. La presse avait récemment indiqué que des radicaux retranchés dans la mosquée avaient été équipés de ceintures d’explosifs.
Environ 60% du site est dorénavant contrôlé par les forces pakistanaises, a assuré le porte-parole. «C’est une offensive finale pour nettoyer la place de ses militants armés», a déclaré le général Arshad. «Nos troupes sont maintenant à l’intérieur de la Mosquée et sont arrivées sur le toit.», a-t-il précisé.
Les islamistes retranchés opposent «une vive résistance», a-t-il concédé. «Les militants emploient des armes de petit calibre et des grenades. Ils sont dans le sous-sol. Une telle opération pourrait prendre trois à quatre heures», a-t-il ajouté.
De fortes explosions et des échanges nourris de coups de feu pouvaient être entendus depuis le site de la mosquée, d’où s’échappaient des panaches de fumée noire. De nombreuses ambulances allaient et venaient aux abords de l’édifice assiégé, où, selon les autorités des islamistes proches d’Al-Qaïda retiennent des femmes et enfants en tant que «boucliers humains».
«Jamia Hafsa, l’école coranique de filles, est en feu. L’incendie a été provoqué par l’explosion de charges afin d’éliminer des éventuels pièges dans l’édifice», a indiqué à l’AFP un haut responsable des services de sécurité.
Vingt enfants de la mosquée ont été recueillis par les forces de sécurité, a précisé le général Arshad sur la chaîne de télévision Geo.
Le chiffre précis des personnes encore retranchées dans l’édifice n’est pas clairement établi. Les autorités ont évalué à une centaine le nombre de radicaux encore retranchés dans la mosquée, qui auraient pris en otage trois à quatre cents femmes et enfants.
Le chef adjoint de la mosquée, Abdul Rashid Ghazi, le seul responsable officiel du site religieux encore à l’intérieur, avait quant à lui affirmé que 1 800 personnes se trouvaient à ses côtés, promettant qu’ils étaient prêts à mourir en martyr plutôt que de se rendre. Leur sang déclenchera la «révolution islamique», avait promis Ghazi.
Peu après le lancement de l’opération, Ghazi a téléphoné à une télévision privée, accusant le gouvernement de «génocide». «Je me demande si le gouvernement a jamais eu l’intention de dénouer la crise. Tout ce qu’ils veulent, c’est un génocide», a-t-il déclamé.
Le président Pervez Musharraf avait jusqu’à présent été réticent à lancer un assaut général sur la mosquée, craignant un bain de sang.
Des discussions de la dernière chance avaient été lancées hier, mais, quelques minutes avant l’assaut, le négociateur en chef Chaudhry Shujaat Hussain, ancien premier ministre, a annoncé leur échec.
«Après 11 heures de négociations, nous sommes profondément déçus que les pourparlers aient échoué», a déclaré Chaudhry Shujaat Hussain. «Nous avons téléphoné à Abdul Rashid Ghazi et nous lui avons demandé de penser aux femmes et enfants innocents à l’intérieur de la mosquée», a déclaré M. Hussain. «Mais il a dit qu’il s’en occuperait plus tard», a-t-il ajouté.
Les pourparlers avaient fait appel à des religieux proches des milieux islamistes.
Les affrontements à la mosquée avaient débuté le 3 juillet, poussant les autorités à décider un siège de l’édifice. Selon un bilan officiel, 24 personnes sont décédées depuis le début des heurts, sans compter les victimes faites par l’assaut. Ghazi avait affirmé que les forces gouvernementales avaient tué 335 personnes.

