Pakistan: Un «dernier avertissement» avant l'assaut de la Mosquée rouge
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Islamabad -- Les autorités pakistanaises ont lancé hier soir un «dernier avertissement» avant de donner l'assaut à la Mosquée rouge d'Islamabad, où sont retranchés depuis cinq jours des étudiants et des religieux islamistes radicaux.
Le dernier bilan fait état de 21 morts. Un soldat pakistanais a été tué lorsque plusieurs brèches ont été ouvertes à coups d'explosifs dans l'enceinte du complexe pour permettre la fuite de ses occupants. «Ceci est le dernier avertissement vous appelant à vous rendre», ont lancé les autorités à l'aide de haut-parleurs, a rapporté un habitant du quartier.
«S'ils ne se rendent pas, je le dis ici, ils seront tués», avait déclaré la veille le président pakistanais, Pervez Musharraf. «Nous avons fait preuve d'une grande patience parce que nous ne voulons pas que des gens meurent. Nous aurions pu agir, mais il y a des femmes et des enfants» à l'intérieur de la mosquée, avait-il ajouté. «Le dernier acte de l'opération a commencé. Il existe une possibilité», a indiqué hier un représentant du gouvernement ayant requis l'anonymat, évoquant un assaut. La présence de femmes et d'enfants à l'intérieur du bâtiment a jusqu'ici retenu les forces de l'ordre.
Abdul Rashid Ghazi, chef de file des insurgés de la Mosquée rouge, a réaffirmé hier sa volonté de mourir en «martyr» plutôt que de se rendre. Dans un communiqué publié dans les journaux pakistanais, le chef religieux dit espérer qu'en cas d'assaut, la mort de ses fidèles déclenche une révolution dans le pays.
«Nous avons la certitude qu'avec l'aide de Dieu, notre sang conduira à la révolution», déclare Ghazi, qui fait état de 80 morts à l'intérieur du complexe, bilan qu'Islamabad récuse. Les autorités évaluent entre 50 et 60
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le nombre d'extrémistes armés qui dirigent les combats à l'intérieur de l'édifice.
Le ministre des Affaires religieuses, Mohammad Ejaz-ul-Haq, a pour sa part révélé, à l'occasion d'une conférence de presse, que les insurgés de la Mosquée rouge n'étaient pas tous d'origine pakistanaise et qu'à l'intérieur de l'enceinte se trouvaient des combattants étrangers.
Des membres du Harkatul-Jihad-e-Islami, un groupe extrémiste lié à al-Qaïda, auraient même pris le contrôle effectif de la Mosquée rouge d'Islamabad après avoir déposé le leader religieux qui semblait jusqu'alors diriger les islamistes assiégés, a affirmé le ministre.
«Les militants extrémistes ont le contrôle de la mosquée», a déclaré le ministre des Affaires religieuses. «Notre crainte est qu'ils ne commencent à tuer les femmes et les enfants pour appuyer leur exigence de pouvoir partir librement.» Selon le ministre, un ou deux militants venus d'Ouzbekistan se trouvent parmi les extrémistes.
Une source au sein de la mosquée, parlant sous le couvert de l'anonymat en raison de craintes pour sa sécurité, a identifié le chef des hommes du Harkatul-Jihad-e-Islami présents dans l'établissement comme Abu Zar.
Abu Zar est un ancien complice du chef du Harkatul, Amjad Farooqi, accusé d'avoir conduit le numéro trois d'al-Qaïda, Khalid Sheik Mohammed, vers l'endroit où il a décapité le journaliste américain Daniel Pearl à Karachi.
Selon la source dans la mosquée, «il y a une grande tension entre les différents groupes à l'intérieur du complexe sur la manière de conduire la lutte».
L'âpre combat entre les militants islamistes et les forces de l'ordre fait craindre aux autorités pakistanaises une flambée de violence à travers le pays, orchestrée par des militants proches des idées radicales de la Mosquée rouge.
Un policier a d'ailleurs été tué hier par une explosion dans le nord-ouest du pays. Depuis mardi, 19 personnes ont trouvé la mort dans les mêmes circonstances.
Trois expatriés chinois ont par ailleurs été tués et un quatrième a été blessé par des inconnus à Peshawar, dans le nord-ouest du pays, ont fait savoir les autorités, selon lesquelles l'affaire est liée au siège de la Mosquée rouge d'Islamabad.
Les quatre victimes, qui travaillaient pour un constructeur de rickshaws, sont tombées dans une embuscade alors qu'elles sortaient de leur usine, dans les faubourgs de la ville, a déclaré un représentant des autorités provinciales.
«Cela fera l'objet d'une enquête sous différents angles; mais il semble que ce soit lié à Lal Masjid», a quant à lui indiqué Abdul Majeed Marwat, chef de la police de Peshawar, évoquant le siège de la Mosquée rouge, qui a fait 21 morts depuis mardi. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a condamné un acte terroriste.
Le mois dernier, des étudiants islamistes radicaux proches de la Mosquée rouge ont enlevé six femmes et un homme, tous de nationalité chinoise, accusés de proxénétisme. Des responsables du gouvernement pakistanais ont indiqué que cet enlèvement avait été déterminant dans la décision des autorités d'intervenir à la Mosquée rouge.
Allié fidèle d'Islamabad, la Chine est impliquée dans de nombreux projets industriels au Pakistan, où vivent beaucoup d'expatriés chinois.

