Pakistan - Le ton monte à la Mosquée rouge

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Reuters
Édition du samedi 07 et du dimanche 08 juillet 2007

Mots clés : président, Pervez Musharraf, Mosquée rouge, Forces armées, Violence, Pakistan (pays)

L'avion de Musharraf attaqué

Islamabad -- Une fusillade nourrie a éclaté hier aux abords de la Mosquée rouge d'Islamabad, où sont toujours retranchés des étudiants fondamentalistes préférant, selon leur chef, le martyre à la reddition.

Par ailleurs, l'avion du président Pervez Musharraf a essuyé des tirs peu après son décollage d'un aéroport militaire de la capitale pakistanaise, a annoncé un responsable des renseignements.

Le gouvernement a confirmé l'existence de tirs mais affirmé qu'ils ne visaient probablement pas l'avion présidentiel.

Signe de la menace que fait planer la mouvance islamiste sur le gouvernement pakistanais, un kamikaze a tué six militaires dans le nord-ouest du Pakistan, dans une région où les fondamentalistes contrôlant la Mosquée rouge (Lal Masjid) comptent de nombreux relais.

Musharraf ne s'est pas exprimé en public sur l'affrontement qui dure depuis mardi autour du complexe d'Islamabad, qui compte une mosquée et une école coranique.

Mais il a donné pour consigne aux forces de sécurité qui cernent le quartier de ne rien précipiter, de faire le moins de victimes possible et de laisser le temps aux familles de sortir les étudiantes de la madrassa.

Au moins 19 personnes ont péri depuis mardi. Une nouvelle fusillade a encore éclaté hier pendant une heure en fin de journée. Deux fortes explosions, provenant selon la télévision de tirs de roquettes par les étudiants, ont fait trembler le quartier, toujours soumis à un couvre-feu.

«Mourir en martyrs»

«Nous pouvons mourir en martyrs. Mais nous n'irons pas au-devant d'une arrestation», a dit Abdul Rashid Ghazi à l'antenne de la chaîne Geo TV quelques heures seulement après avoir proposé une négociation. Les autorités avaient exigé une reddition sans conditions.

Un responsable des services secrets a affirmé, sous le sceau de l'anonymat, qu'on avait bien essayé d'attenter à la vie du général Musharraf en tirant sur son avion. Le chef de l'État a échappé en décembre 2003 à deux tentatives d'assassinat ourdies par des activistes liés à al-Qaïda.

Ces derniers lui reprochent de s'être rallié à la «guerre contre le terrorisme» dans le monde lancée par les États-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre 2001.

Un photographe de Reuters a quant à lui aperçu deux gros canons montés sur le toit d'une maison de deux étages dans le secteur de l'aérodrome de Rawalpindi, ville de garnison jumelle de la capitale.

Mais l'état-major est formel. «On n'a pas tiré sur l'appareil du président, qui se trouve actuellement à Turbat», a affirmé un porte-parole de l'armée.

La Mosquée rouge, connue depuis longtemps pour abriter des islamistes radicaux, symbolise la talibanisation de la société pakistanaise. Elle est située à moins de deux kilomètres du parlement et du quartier diplomatique. L'opposition libérale presse depuis longtemps le gouvernement de réduire ce foyer d'intégrisme.

Le gouvernement a ordonné aux étudiants de se rendre et 1200 d'entre eux ont obtempéré. Devant les caméras de la chaîne de télévision publique, le frère de Ghazi, Abdul Aziz, qui a été capturé mercredi alors qu'il tentait de fuir caché sous une burqa, a affirmé que 850 élèves, dont 600 femmes ou jeunes filles, étaient toujours présents à l'intérieur du site. Le ministère pakistanais de l'Intérieur pense qu'il reste entre 50 et 80 activistes équipés d'armes automatiques, de grenades et de bombes incendiaires.


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