Le Boeing 787 effectue demain ses débuts officiels

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Agence France-Presse
Édition du samedi 07 et du dimanche 08 juillet 2007

Mots clés : aluminium, avion, Boeing 787, Économie, Transport aérien, États-Unis (pays)

La cabine du Boeing 787: des hublots plus grands ainsi qu'une pressurisation plus humide devraient rendre l'appareil plus confortable que les modèles actuels.

Photo: Agence France-Presse

Seattle -- Le nouveau Boeing, le 787 Dreamliner, doit apparaître pour la première fois en public demain près de Seattle, alors que les performances annoncées de ce biréacteur ont déjà convaincu 46 clients d'en acheter plus de 640 exemplaires au total.

Pour son premier nouvel appareil en 13 ans, disponible en versions moyen ou long-courrier de 210 à 330 places, Boeing a défini un objectif de vente de près de 2000 exemplaires d'ici à 2023.

Révolution dans un secteur où l'aluminium était jusqu'ici le matériau le plus employé, le 787, construit en trois versions de 210 à 330 places, sera réalisé à 50 % en matériaux composites, comme la fibre de carbone.

«En fabriquant une section de fuselage en une seule partie, nous éliminons 1500 feuilles d'aluminium et de 40 000 à 50 000 rivets», a affirmé l'avionneur.

Plus résistants et durables, les composites permettent des gains de poids et donc de consommation. Cette carte maîtresse du 787 a pris une nouvelle importance en période de pétrole cher.

Le Dreamliner, «à conditions de vol comparables, va consommer 20 % de carburant en moins que les avions de même taille d'aujourd'hui», selon Boeing, qui souligne aussi les bénéfices pour l'environnement. L'entreprise laisse par ailleurs entrevoir une réduction d'un tiers des coûts d'entretien.

Parmi les autres innovations du 787, un système de commandes non plus hydraulique mais électrique et, côté confort en cabine, des hublots plus grands ainsi qu'une pressurisation plus humide et donc plus confortable que sur les modèles actuels.

Sortie officielle

La sortie officielle du 787 de l'usine de Boeing à Everett, à 40 km au nord de Seattle, est prévue à partir de 15h30 demain, devant quelque 300 représentants de la presse américaine et internationale, conviés à partir d'hier à des journées de présentation de l'appareil.

Un 787 entamera ses vols d'essai à l'automne et la compagnie japonaise ANA, qui avait passé commande en 2004, devrait mettre un Dreamliner en service dès 2008.

Le 787 commencera donc sa carrière commerciale quelques mois après l'A380, l'avion géant d'Airbus. Les deux appareils empruntent une stratégie opposée pour atteindre le même objectif d'abaissement des coûts.

L'A380, dont une version dépasse les 800 places, vise à relier de grands aéroports de correspondances. Le Dreamliner est destiné à des liaisons entre villes moyennes.

Boeing se targue d'avoir déjà attiré 642 commandes fermes de 46 compagnies, après notamment l'annonce jeudi d'une nouvelle commande ferme de cinq exemplaires par le loueur américain CIT.

Vendu entre 146 et 200 millions $US au prix catalogue, le 787, avec jusqu'à 15 750 km d'autonomie, pourra relier sans escale New York à Manille ou Moscou à São Paulo.

Face à ce que l'Américain qualifie de «meilleur lancement d'un avion commercial de [son] histoire», le consortium européen a réagi avec son futur A350, rival déclaré du 787 mais qui ne sera mis en service qu'en 2013.


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