Harper n'a pas la conscience tranquille

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Presse Canadienne
Édition du vendredi 06 juillet 2007

Mots clés : mission, familles, Stephen Harper, Décès, Forces armées, Afghanistan (Pays), Canada (Pays)

Le premier ministre sympathise avec les familles des soldats tués mais répète que le Canada restera engagé en Afghanistan

Halifax -- Le premier ministre Stephen Harper a réitéré hier sa détermination à poursuivre la mission de l'armée canadienne en Afghanistan jusqu'en 2009 malgré le nombre croissant de victimes tombant aux mains des insurgés talibans, lesquels semblent avoir récemment amélioré leurs tactiques.

De passage à Halifax pour annoncer un financement de 3,1 milliards de dollars pour la marine, Stephen Harper a affirmé que son gouvernement ne prenait pas à la légère les décès des militaires mais qu'il ne modifiera pas son plan et maintiendra les opérations actuelles malgré les demandes de retrait de l'opposition.

«De toute évidence, en tant que premier ministre, les victimes de tout genre pèsent lourdement sur ma conscience», a-t-il indiqué sur le pont d'envol de la frégate NCSM Halifax. «Mais aujourd'hui, l'heure n'est pas au débat politique sur l'avenir de la mission. Aujourd'hui, nous exprimons nos condoléances à ces soldats, à leur famille.»

Ces déclarations surviennent au lendemain d'une des journées les plus meurtrières pour les soldats canadiens postés en Afghanistan. Six soldats et leur traducteur afghan ont été tués mercredi lors de l'explosion d'une bombe artisanale dans le district Zhari de Kandahar.

Ils voyageaient à bord d'un véhicule RG-31, un véhicule de patrouille blindé réputé pour offrir la meilleure protection contre les explosions de bombes artisanales placées en bordure de route.

Malgré tout, le véhicule n'a pas résisté à l'explosion, ce qui fait craindre à certains que les insurgés talibans ont modifié leurs tactiques pour adopter celles qui font des ravages en Irak.

«Il existe un danger réel que l'Afghanistan commence à ressembler de plus en plus à l'Irak», a estimé Steven Staples, du Rideau Institute, un groupe de recherche d'Ottawa.

«Il est assez clair que les insurgés apprennent de l'expérience en Irak, où les bombes artisanales se sont avérées incroyablement meurtrières contre les forces étrangères. Alors, les Canadiens seront confrontés à cela beaucoup plus souvent», a-t-il indiqué dans une entrevue.

Déjà, les statistiques semblent témoigner d'un tel changement: 66 militaires canadiens ont été tués en Afghanistan depuis le début de la mission en 2002. De ce nombre, 24 sont morts dans l'explosion d'une bombe artisanale. Le tiers des morts sont survenues cette année.

Trois soldats ont été tués le 20 juin par une bombe placée en bordure de route, au cours d'un déplacement entre des points de contrôle, dans un véhicule tout-terrain non blindé.

Six soldats canadiens ont été tués le 8 avril, dimanche de Pâques, lorsqu'une bombe semblable a eu raison de leur LAV-3, un véhicule blindé léger.

Selon le premier ministre Harper, les tactiques seront révisées à la lumière des plus récents incidents. Le personnel militaire en Afghanistan concède néanmoins qu'il n'est pas possible de se protéger contre tous les attentats commis par les insurgés.


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