Algues bleues - Québec doit s'attaquer aux causes du problème, dit le chef des verts

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Louis-Gilles Francoeur
Édition du vendredi 06 juillet 2007

Mots clés : Parti vert du Québec, cyanobactéries, Algues bleues, Eau, Parti politique, Québec (province)

Le Parti vert du Québec (PVQ) a réclamé hier de Québec une attaque musclée contre les sources d'azote et de phosphore qui provoquent les explosions d'algues dans les lacs et cours d'eau du Québec, en particulier les algues bleues, qui génèrent des toxines dangereuses pour la santé des humains, des animaux et des poissons.

En conférence de presse hier à Montréal, le chef du PVQ, Scott McKay, a demandé au gouvernement Charest de réglementer sur quatre fronts: d'abord pour interdire la vente et l'usage de détergents contenant des phosphores; aussi pour forcer le respect des bandes riveraines sans restriction pour les droits acquis présentement reconnus en vertu de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme; troisièmement, pour imposer l'installation d'équipements de déphosphotation sur les fosses septiques selon un échéancier de quelques années; en dernier lieu, pour imposer des normes de rejets non seulement sur le phosphore, mais aussi sur les nitrates (composés azotés), comme l'a fait l'Ontario.

Le premier ministre Charest, a poursuivi Scott McKay, aborde le problème à l'envers quand il dit attendre que le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) ait approuvé des équipements de déphosphotation sur les fosses septiques avant de songer à autoriser les municipalité à en exiger l'installation.

C'est plutôt en imposant par règlement l'installation de ces équipements qui laissent échapper les phosphates que les manufacturiers vont investir les centaines de milliers de dollars nécessaires pour faire homologuer leurs équipements. Sans un marché important en vue, a confirmé le président de Mabarex, Louis Barré, les entreprises ne vont pas se lancer dans cette voie. Plusieurs solutions techniques permettent en effet, selon M. Barré, de forcer le dépôt dans une fosse septique des phosphates présents dans les déjections humaines et les eaux usées domestiques au lieu de les laisser filer du champ d'épuration vers le plan d'eau. L'utilisation d'alun ou de procédés biologiques relativement simples pourrait permettre d'augmenter sensiblement, donne-t-il en exemple, l'efficacité des fosses septiques.

Pour le président du Parti vert, l'inobservance par les municipalités des futurs règlements devrait avoir pour conséquence de leur interdire de délivrer de nouveaux permis de construction. M. McKay convient qu'il n'est pas facile de déterminer un seuil critique au-delà duquel les municipalités devraient mettre un frein à la délivrance de permis. Mais cette difficulté n'est pas insurmontable et Québec doit cesser de regarder les lacs agoniser sans planifier une attaque contre les causes du problème.

Selon Scott McKay, le Québec devrait imiter l'Ontario, qui limite les rejets de phosphore à 1 % et qui a annoncé son intention de réduire les concentrations admissibles à 0,1 %, soit dix fois moins. Et en plus, la province voisine a des normes sur les rejets de nitrates, tout comme les autres provinces et États voisins du Québec, ce que le Québec n'a pas encore jugé bon de faire.

D'un autre côté, les membres de Conservation baie Missisquoi, qui assistent impuissants depuis des années à des explosions d'algues bleues chez eux, ont réclamé du premier ministre Charest une rencontre pour lui demander de s'attaquer enfin à la contribution du secteur agricole, la première source d'apports en nitrates et phosphore dans les cours d'eau du sud du Québec.

Dans la baie Missisquoi, explique la présidente du groupe de citoyens, Nathalie Fortin, les activités agricoles fournissent 75 % de la charge annuelle en phosphore mais, malgré cette situation clairement documentée, Québec ne poursuit pas et n'émet aucune ordonnance aux municipalités qui ne font pas respecter depuis plus de 20 ans les normes légales sur les bandes riveraines en milieu agricole. Certes, plusieurs agriculteurs et citoyens ont entrepris, en raison des campagnes de sensibilisation, ajoute Mme Fortin, de planter des milliers d'arbres et d'arbustes en rives. Cela a amélioré les concentrations de phosphore dans la rivière aux Brochets en situation de débits moyens ou faibles. Mais globalement, faute de pouvoirs et d'argent consacré à relever le défi, la baie elle-même ne s'améliore pas d'une année à l'autre.

Au contraire, dit-elle, les sédiments s'y accumulent à raison d'un centimètre par année et l'objectif de réanimer la baie en 2009, établi dans une entente Québec-Vermont en 2003, sera carrément raté. En attendant, conclut Mme Fortin, les riverains vivent avec la menace permanente des cyanobactéries, qui les privent de leur plan d'eau chaque été, et cela, malgré les comités fédéral-provincial, les expertises, la sensibilisation et la mobilisation. Il est temps, dit-elle, de passer à autre chose.


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Exact - par G. Dex
Le vendredi 06 juillet 2007 20:00

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