Le MTQ surveille de près 332 ponts et viaducs à risque
Mots clés : commission Johnson, gouvernement Charest, viaducs, Ministère, Transport, Québec (province)

Photo: Jacques Nadeau
Si certaines d'entre elles présentaient des faiblesses inacceptables, on n'hésiterait pas à les fermer, puis à les renforcer, ont assuré hier la sous-ministre adjointe des Transports, Anne-Marie Leclerc, et le directeur du ministère pour Montréal et l'ouest du Québec, Jacques Gagnon, lors d'une conférence de presse en marge des travaux de la commission.
Les normes permettent l'érection de ponts et de viaducs en béton sans armature en cisaillement, mais seulement si les dalles sont suffisamment épaisses.
Les fonctionnaires ont refusé de nommer les ponts et viaducs en cause mais ont noté qu'il y en avait partout au Québec. On sait à tout le moins que le viaduc situé à l'intersection de l'avenue Souligny et de la rue Cadillac, dans l'est de Montréal, fait partie du lot.
Pour l'instant, les 332 ponts et viaducs en question sont «sécuritaires», a assuré Mme Leclerc. «Notre priorité, c'est la sécurité, a-t-elle précisé. Si on avait quelque doute que ce soit, la structure serait fermée. Par contre, ça ne nous empêche pas d'aller faire des vérifications additionnelles. Je ne dirai pas: "OK, c'est sécuritaire, j'arrête de m'en préoccuper." Il faut que je m'assure qu'elle reste sécuritaire dans le temps.»
Agitation
Mercredi, le président de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, Pierre Marc Johnson, révélait avoir alerté le ministère quant à des «préoccupations» au sujet de la sécurité de certains ponts et viaducs au Québec.
L'ancien premier ministre péquiste a reconnu hier que ses propos avaient suscité une «certaine agitation», mais il n'a pas manqué de lancer une flèche au ministère des Transports.
«Tout cela [la déclaration de mercredi] est susceptible de rassurer nos concitoyens plutôt que de les inquiéter, a soutenu M. Johnson. Encore faudrait-il que les représentants du ministère, dans cette salle ou ailleurs, confirment très clairement qu'ils ont intégré ces critères dans [leur] plan d'action.»
Il reste maintenant au ministère à prévenir les sept plus grandes villes du Québec des préoccupations de la commission Johnson. Ces villes -- Montréal, Québec, Longueuil, Laval, Gatineau, Saguenay et Sherbrooke -- sont responsables de plusieurs structures qui pourraient présenter les mêmes facteurs de risque que le viaduc de la Concorde. On ne sait pas combien il y en a.
La commission a aussi attiré l'attention du ministère sur quelque 603 ponts et viaducs comportant des «portiques de béton armé». Comme le risque en est surtout un, dans ces cas, de déformation, et non d'effondrement, ces analyses ne sont pas jugées urgentes.
Le ministère estime disposer d'un budget suffisant pour effectuer les analyses, les inspections spéciales et les réparations éventuelles sur les ponts et viaducs visés.
De 244 millions de dollars en 2005-06, l'enveloppe consacrée à la «conservation des structures» est passée à 440 millions en 2006-07.
Le hic, c'est que ce budget ne peut pas servir à l'examen et au renforcement des viaducs et des ponts sous responsabilité exclusive des sept grandes villes du Québec.
Le ministère est responsable de l'entretien de près de 9000 structures, qui sont inspectées sommairement chaque année et tous les trois ans de façon plus approfondie.
Aujourd'hui, l'un des experts de la commission Johnson, le docteur en génie Jacques Marchand, sera contre-interrogé par les avocats du ministère des Transports, ainsi que de la firme d'ingénierie et de l'entrepreneur responsables de l'érection du viaduc de la Concorde.

