Des propositions pour sauver la bibliothèque Fraser-Hickson
Mots clés : bibliothèque Notre-Dame, bibliothèque Fraser-Hickson, Bibliothèque et archives, Montréal
600 000 $ pour déménager la bibliothèque Notre-Dame
La première bibliothèque publique de Montréal, fermée depuis février, pourrait renaître de ses cendres. Plusieurs propositions sont sur la table de la Fondation Fraser-Hickson, qui opère la bibliothèque du même nom dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (NDG).Cette dernière a renoncé au projet de déménager ses rayonnages dans un local plus petit et misé sur «une solution à long terme aussi valable pour la communauté que pour la Fondation», précise le président. Suivant les conseils de consultants, elle a lancé un appel de propositions qui a porté ses fruits.
«Nous sommes en train d'examiner les propositions que nous avons reçues depuis le 8 juin», affirme M. Dinsmore, sans pouvoir donner plus de détails sur leur contenu. «Elles viennent d'un marché très large, qui comprend tant des institutions que des entreprises commerciales. Il y a des acheteurs, des occupants, toute une gamme de possibilités.»
Idéalement, la bibliothèque conserverait un petit espace à loyer modique dans l'édifice dont elle est propriétaire depuis 1959. Depuis janvier, elle est mise au pied du mur par des frais de roulement quotidien de 3000 $ pour son immense espace de 3900 pieds carrés. «On ne veut plus être propriétaire, mais strictement opérateur de la bibliothèque.»
La Bibliothèque Fraser-Hickson a vu le jour au centre-ville en 1885 alors qu'aucune bibliothèque publique n'existait encore à Montréal. Un homme d'affaires inspiré, Hugh Fraser, a légué 200 000 $ pour la mettre sur pied afin d'assurer la «diffusion de la connaissance en permettant l'accès gratuit à quiconque le désire», selon des extraits de son testament, rapportés sur le site de l'institution.
En 1959, la bibliothèque s'est installée dans son propre édifice, à NDG, grâce à un don d'un million de dollars du professeur J. W. A. Hickson. L'établissement a fonctionné de manière autonome jusqu'en 2003, puis la Ville l'a soutenu jusqu'à la fin 2006. Des frais d'inscription exceptionnels imposés au début de l'année 2007 lui ont permis de tenir la barre jusqu'à la fin février. À cette date, la bibliothèque comptait 12 000 membres, soit plus que la faste bibliothèque de Westmount.
D'abord sourd aux appels à l'aide de l'établissement, l'arrondissement, qui prévoyait de toute façon doter le quartier d'une bibliothèque publique d'ici 2012, pourrait aussi y aller d'une offre. «J'ai su que le maire de l'arrondissement aborderait peut-être des propositions plus concrètes avec nous à son retour de vacances», a appris M. Dinsmore.
D'une fondation à l'autre
Une des institutions les plus démunies du réseau municipal, la bibliothèque Notre-Dame, située au coeur du quartier Saint-Henri, déménagera ses pénates en 2008 grâce à la Ville et à la Fondation Chagnon.
«Il faut changer d'édifice parce qu'il est trop vieux», a indiqué le conseiller municipal de l'arrondissement du Sud-Ouest, Pierre Fréchette.
La bibliothèque quittera l'ancienne caserne de pompiers qui l'abritait et doit être mise aux normes pour se reloger en face, à l'angle nord-ouest des rues Notre-Dame et de Courcelles, dans l'ancienne usine Johnson Wire en voie d'être transformée en coopérative d'habitations familiales par la Fondation Chagnon. La Ville a versé 600 000 $ pour appuyer la démarche.
«Elle sera plus grande, plus accessible [sur un seul plancher] et s'inscrira dans un contexte beaucoup plus familial», précise M. Fréchette. Outre les 42 logements familiaux (certains avec quatre chambres à coucher), l'édifice accueillera aussi un Centre de la petite enfance.
Le bâtiment actuel de la bibliothèque sera pour sa part éventuellement rénové. «C'est sûr qu'on va refaire quelque chose avec ça», promet le conseiller.
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