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Aider sans créer de la dépendance
La question est comment aider ceux qui ont la capacité physique et intellectuelle de subvenir à leurs besoins sans les rendre dépendants de cette aide. Mettre en place des programmes et des structures administratives qui déresponsabilisent des provinces, des municipalités, des communautés et des individus, n'encourage pas la véritable autonomie et l'indépendance. L'amélioration de la condition des autochtones passe par la prise de responsabilité de leur propre situation et par l'autonomie. Mais comment en arriver là ?
La création des réserves autochtones, surtout dans des endroits peu favorables à la création de richesse (et donc favorable à l'amplification de la dépendance) est un échec monumental de la gestion du gouvernemental fédéral. De plus, elle a encouragé, comme plusieurs autres programmes de transferts, une déresponsabilisation non seulement des individus mais aussi des dirigeants. Une des critiques du programme d'Assurance-Emploi est qu'il a encouragé des groupes d'individus de demeurer dans une région où on a un besoin permanant de ce support pour survivre. On ne parle pas ici d'un programme d'aide sur une base exceptionnelle, mais d'aide régulière.
Si un individu ou une communauté veulent vivre d'une façon différente de l'ensemble de la population et dans un endroit plus difficile à dégager un niveau de production et de consommation similaire à l'ensemble de la population, est-ce que ceux-ci doivent demander au reste de la population de les subventionner ad vitam aeternam pour s'assurer que leur niveau de vie soit au moins égal à celui de la moyenne de la population ?
Le déménagement du village entier de Davis Inlet au Labrador est un exemple où mettre plus d'argent, bâtir des habitations pour plusieurs nécessiteux donneront peu de résultats compte tenu des problèmes sociaux de la population. Je pense qu'il faut concevoir des programmes différents d'aide qui seront basés d'abord sur la responsabilisation des individus, des parents et des dirigeants.
Est-ce qu'accéder aux revendications territoriales est la grande solution ? Certes, cela générera de nouveaux revenus pour les populations autochtones, par le biais du tirage de des rentes économiques sur les territoires et leurs richesses naturelles. Ici encore, la qualité de vie des populations ne sera meilleure que s'il y a un gain au niveau de la responsabilisation. Ceci est illustré par le peu de gains réaliser au niveau de la qualité de vie des populations dans les cas où des communautés ont eu des entrées de fonds provenant de l'opération de casinos.
Il me semble important que les négociations territoriales soient dirigées au niveau agrégé conjointement par le gouvernement fédéral et les provinces. Régler cela à la pièce fera en sorte que ce processus ne sera jamais fini. Il faudrait d'abord avoir une liste de l'ensemble des revendications des divers groupes autochtones non seulement au niveau territorial, mais aussi au niveau des transferts gouvernementaux et exemptions fiscales. Il faudra ensuite s'entendre sur quelques grands paramètres qui serviront à aborder de façon cohérente les cas individuels.
À date dans tout ce dossier, je suis renversé par le faible niveau de responsabilisation des autorités gouvernementales, notamment au niveau fédéral, et, dans une moindre mesure, des dirigeants autochtones.
Jean-Pierre Aubry
