Miles Davis Tribute : Four generations of Miles - L'hommage des ex

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Guillaume Bourgault-Côté
Édition du samedi 30 juin et du dimanche 01 juillet 2007

Mots clés : Miles Davis Tribute, Festival et fête, Musique, Montréal

On ne compte plus les hommages accordés au trompettiste des trompettistes, le lumineux prince des ténèbres qu'était Miles Davis. Normal : voilà sans doute le musicien jazz le plus influent de la deuxième moitié du vingtième siècle --et un des plus marquants toutes catégories confondues. Mais celui que lui consacraient hier Mike Stern et ses acolytes avait une saveur unique en ce sens que la scène était entièrement occupée par d'anciens partenaires de jeu de Davis. C'est rare.

On pourrait dire qu'il s'agit d'une sorte de fratrie bleue. Mike Stern à la guitare (c'est lui qui recevait hier soir au théâtre Jean-Duceppe, en tant qu'hôte de la série Invitation), Buster Williams à la contrebasse, Jimmy Cobb à la batterie et George Coleman au saxophone ténor. Quatre musiciens, et Four generations of Miles: de 1957 (Cobb) à la moitié des années 80 (Stern). C'était le concept.

Le théâtre Jean-Duceppe était donc rempli à pleine capacité pour le quartet multi-générationnel. Et à entendre la longue ovation debout qui a suivi la performance, on doute que quelqu'un ait regretté le déplacement. Le show avait d'ailleurs été conçu pour donner entière satisfaction à ceux qui espéraient des reprises clairement identifiables des grands standards touchés par Miles.

Stern et sa bande ont donc puisé quasi-exclusivement dans le répertoire du tournant 50-60, My Funny Valentine, All Blues, Freddie Freeloader. Approche classique pour ces classiques: l'objectif n'était visiblement pas de refaire Miles Davis à l'envers, mais bien de lui rendre un hommage amical et respectueux. Pour le plaisir du souvenir, au fond. Ce n'était peut-être pas très audacieux, mais tout à fait justifiable puisque impeccablement livré.

Jazz de haute tenue, donc, bien envoyé à tout niveau, uptempo, longs solos, harmonies riches, rythmique précise, la grande classe. Jimmy Cobb reste d'une subtilité et d'une finesse rare, Buster Williams assure avec discrétion et efficacité, tout en étant riche dans ses solos, et George Coleman... Son ténor chante. Il a du swing. Du mordant et de la douceur.

Autour d'eux, en meneur généreux, Mike Stern distribuait les sourires de gamin et les solos béton qu'il déployait dans une palette sonore plutôt discrète comparé à ses habitudes: un peu d'écho sur un timbre clair. Entre les trois papis, il bougeait, applaudissait, stimulait la foule: il était heureux, simplement. Et c'était contagieux.


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