FIJM: Richard Bona : la planète comme pays

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Caroline Montpetit
Édition du samedi 30 juin et du dimanche 01 juillet 2007

Mots clés : Mike Stern, FIJM, Richard Bona, Musique, Spectacle, Montréal

Le chanteur et bassiste camerounais Richard Bona. Photo: Ian Abela

Il a joué avec les plus grands noms du jazz contemporain, et pourtant il n'a jamais trahi ses origines. Cette année, le chanteur et bassiste camerounais Richard Bona a carte blanche au Festival de jazz de Montréal. À partir du lundi 2 juillet, il sera à l'affiche du théâtre Jean-Duceppe, à la Place des Arts, avec une brochette d'invités de son choix.

D'abord, il partagera lundi la scène avec Mike Stern et Roy Hargrove, des «potes» de New York, où Richard Bona habite aujourd'hui.

Il faut dire que l'homme a beaucoup bourlingué, lui qui est né dans le petit village de Minta, au Cameroun, où il devait faire ses propres instruments pour jouer la musique qu'il adorait. Il dit même avoir construit une guitare avec des câbles de freins de bicyclette! Après avoir joué dans les bars de la ville de Douala, il a vécu en France, avant de s'établir à New York. Il a d'ailleurs déjà dit que la musique était aux États-Unis ce que la littérature et la gastronomie sont à la France... Ceci étant dit, sur son dernier disque, Tiki, le chanteur continue de chanter dans sa langue maternelle, le douala, même s'il s'amuse à mêler les influences orientales et même classiques.

Les invités

Mercredi, toujours dans la série Invitation, Richard Bona reçoit le Jaco Pastorius Big Band, un groupe qui reprend des pièces du défunt bassiste Jaco Pastorius. C'est d'ailleurs en écoutant Pastorius que Richard Bona a découvert la basse, cet instrument souvent sous-estimé. «J'ai voulu reproduire mes vieilles années» en invitant ce band, dit-il. Il faut dire que les soirées de la série Invitation invite à transcender les genres, en faisant une large place à l'improvisation.

Jeudi, les invitées de Bona sont deux femmes bassistes, Esperanza Spalding et Meshell Ndegeocello. «Je joue très souvent avec des hommes, dit-il, c'est aussi bon de partager avec la gent féminine.» Si les femmes jouent de la basse comme des hommes, leur sensibilité peut être différente, constate Bona. «C'est comme dans la vie», constate-t-il.

Vendredi, Bona propose une soirée tout en douceur et en duos, qu'il partagera avec Lionel Loueke, Toumani Diabate et Russell Malone, trois musiciens qui manient aussi bien l'improvisation que la mélodie et l'harmonie, promet-il. «Cette soirée sera plus douce, je pense, à moins que quelqu'un ne décide d'allumer un feu», dit-il. Enfin, samedi, ses invités Gérald Toto et Lokua Kanza, avec qui Bona a déjà enregistré, devraient emplir le théâtre des rythmes de l'Afrique et des Caraïbes.

Il faut dire que Bona est un musicien tout à fait cosmopolite, en digne représentant de son époque. «C'est la personne que je suis aussi. J'ai beaucoup voyagé. J'ai accroché plusieurs cultures différentes, d'autres environnements, d'autres courants musicaux. On n'est plus seulement africains, on est citoyens du monde.»

Même la musique traditionnelle africaine, dit-il, était un mélange d'influences d'une autre époque.


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Gerald Toto... le Toto de Toto Bona Lokua - par MERIE Fabrice
Le dimanche 01 juillet 2007 16:00

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