200 médecins résidents à la rescousse des spécialistes
Mots clés : médecins résidents, spécialistes, Médecin, santé, Québec (province)
«Les résidents pourront enfin permettre à nos gens de souffler»
Ils sont compétents, enthousiastes et prêts à mettre les bouchées doubles, mais jusqu'à maintenant, ils ne pouvaient le faire qu'en s'expatriant temporairement en Ontario ou au Nouveau-Brunswick. Cet été, toutefois, ils pourront enfin travailler chez eux puisque le Collège des médecins du Québec a décidé d'assouplir ses règles en permettant aux 200 résidents admissibles de se procurer un permis de travail temporaire. Avec ce petit bout de papier, ils pourront aller prêter main-forte à leurs collègues surchargés un peu partout au Québec, une mesure concrète qui entre en vigueur immédiatement.Pour l'instant, le permis temporaire sera offert aux résidents qui auront complété quatre années de formation en médecine interne ou en pédiatrie. Pour s'en prévaloir, ils devront avoir réussi l'examen du Collège royal des médecins et avoir obtenu un permis d'exercice dans une autre province, comme l'exige l'Office des professions du Québec. Ce dernier détail irrite toutefois le Collège ainsi que la FMRQ, qui aimeraient le voir disparaître le plus rapidement possible. «Il revient maintenant au ministre d'emboîter le pas et de modifier la loi médicale pour éviter un non-sens», a prévenu le Dr Bernier hier.
Heureusement, ce point de détail juridique est plus embêtant qu'autre chose et n'empêchera pas le déploiement des résidents dans les hôpitaux du Québec. Ils seront les bienvenus partout, sauf dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), qui profitent déjà de leur expertise par le truchement des stages de formation. Ainsi, ces résidents seront appelés à faire du dépannage en plus de leur travail dans les CHU, a précisé le Dr Yves Lamontagne, président-directeur général du Collège des médecins. «Le résident va continuer sa résidence dans son hôpital universitaire, mais de façon partielle, temporaire et sous supervision, il pourra aussi aller travailler ailleurs pendant ses congés ou ses vacances.»
Bien sûr, ce pas en avant ne suffira pas à enrayer la pénurie qui frappe le Québec. En théorie, le réseau aurait besoin de 800 omnipraticiens supplémentaires et d'autant de spécialistes pour retrouver son souffle. Sur le terrain, toutefois, «la souplesse que [les résidents] donneront au réseau sera très significative», a promis le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le Dr Gaétan Barrette. «La situation est telle au Québec qu'on se retrouve constamment à découvert. Les résidents pourront enfin permettre à nos gens de souffler.»
Pour les jeunes résidents, ce sera l'occasion de gonfler leurs fins de mois (ils seront payés comme n'importe quel spécialiste), de travailler dans un autre milieu que leur milieu d'enseignement et de mieux cerner leurs besoins lorsqu'ils reviendront en classe. «Au Collège, on voit un autre avantage puisque ça va aussi permettre aux jeunes médecins d'apprivoiser la pratique en région, ce qui va certainement aider le recrutement lorsque viendra la fin des études», croit le Dr Lamontagne.
À terme, la FMRQ espère quant à elle que ce genre de permis sera offert à d'autres disciplines. Le cas échéant, il faudra en faire encore plus, croit son président, qui plaide pour l'innovation en santé. Il pense par exemple au dépannage pour les résidents en formation, un outil qu'on utilise ailleurs au Canada avec beaucoup de succès. «S'il le faut, nous suggérerons des projets de loi pour faire avancer les choses. Et si les autres ne bougent pas, nous allons le faire [nous-mêmes], comme nous l'avons fait [avec le permis temporaire]», a promis le Dr Bernier, qui juge la bureaucratie québécoise «lente, démotivante et contre-productive».
Son message a été entendu hier au bureau du ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, qui s'est montré intéressé à mettre en place de nouvelles formes de dépannage comme celle mise en avant hier par le Collège. «On est ouverts à ces idées-là, mais il faudra toutefois voir ce qu'il est possible de faire avec les ordres et les fédérations», a expliqué l'attachée de presse du ministre, Isabelle Merizzi, qui n'écarte pas la possibilité d'élargir ce genre de réflexion à la profession infirmière, qui souffre elle aussi de la pénurie.
Quant à la nouvelle proposition formulée hier par le Collège et les deux fédérations, elle a été reçue comme une bouffée d'air frais par le ministre de la Santé, qui y a vu un pas dans la bonne direction, a affirmé Mme Merizzi. «Pour nous, c'est une bonne nouvelle. Nous avions déjà eu des discussions informelles sur ce point et nous sommes ravis de voir que le Collège et les fédérations ont trouvé une formule qui fonctionne.»
Vos réactions
L'article est tellement mal écrit allez au www.cmq.org pour comprendre - par Genevieve Fiset (genfiset@hotmail.com)
Le vendredi 29 juin 2007 14:00
Pour ceux qui ont encore des doutes ! - par Raymond Vaillancourt (raymondvail@videotron.ca)
Le vendredi 29 juin 2007 08:00
La tortue n'est pas seulement péquiste - par Gilles Bousquet
Le vendredi 29 juin 2007 08:00
À qui s'adresse cette mesure? À une minorité de résidents... - par Genevieve Fiset (genfiset@hotmail.com)
Le vendredi 29 juin 2007 03:00

