Festival international de jazz de montréal - Mike Stern: junkie de musique, rien d'autre
Mots clés : prix Miles-Davis, Mike Stern, Festival international de jazz de montréal, Musique, Festival et fête, États-Unis (pays), Montréal

Photo: Pedro Ruiz
Ç'a fait un temps. Totale débauche, avec entre autres Jaco Pastorious. Puis Stern s'est tanné, est entré en désintox et voilà, il est sobre depuis 25 ans. «Après, Miles s'est mis à m'appeler seulement "Time", parce que je n'étais plus gros mais que j'aimais encore les gros grooves». Aujourd'hui, «heureux d'être encore en vie», Mike Stern concentre ses énergies à jouer. Énormément. Et rapidement, comme toujours.
C'est donc ce qu'il fera toute la semaine à Montréal, en tant que premier résident de la série Invitation. Cinq spectacles avec cinq formations. «Un challenge stimulant», dit-il au milieu d'une longue conversation -- il est aussi volubile vocalement que musicalement.
«Chaque soir va être une nouvelle expérience. On sait à peu près ce qu'on va jouer, mais il faut que ça demeure spontané. Alors, pas trop de répétition. J'aime bien l'idée d'arriver sans que tout soit placé. De toute façon, chaque gars qui est là pourrait jouer facilement 30 minutes en solo. On a de quoi s'occuper. Et on va jouer longtemps.»
Ça commence ce soir avec deux groupes qui le rejoindront tour à tour sur scène: The Bad Plus et Yellowjackets. La pièce de résistance de la série arrive toutefois demain, quand Stern remettra l'expérience tentée et réussie sur disque de l'hommage au prince des ténèbres: Four Generations Of Miles. Le concept: jouer la musique du géant trompettiste sans trompette, en réunissant des ex-sideman de l'auteur de Kind Of Blue.
L'immense Jimmy Cobb sera à la batterie, le très grand Ornette Coleman au ténor et l'excellent Buster Williams officiera à la contrebasse (c'est Ron Carter qui faisait partie de l'aventure il y a cinq ans). Que du bon. À quatre, ils couvrent le Miles des années 50, 60 et 80. Et c'est au répertoire des premières décennies, celles des grands quintets, qu'ils s'attaqueront principalement. Ça s'annonce gros. «J'aime le rock et le blues, dit Mike Stern, mais aussi le be-bop straight. Alors on va en jouer.»
Samedi, Stern recevra d'autres pointures: Danilo Perez (piano), John Patitucci (basse) et Dave Weckl (batterie). «On a tous joué les uns avec les autres, mais jamais tous ensemble. Nous avons plein de connections.» Dimanche, le contrebassiste québécois Alain Caron -- avec qui il a souvent joué -- et le grand batteur Billy Cobham complèteront un trio d'un soir qui risque d'en jeter. «Caron et moi, on a un peu le même background: Hendrix, Cream, Jeff Beck, B. B. King, le rock, le blues, Motown... Disons qu'on s'amuse bien quand on joue ensemble, on se comprend facilement.» La conclusion se joue lundi, avec le trompettiste Roy Hargrove et surtout le bassiste Richard Bona, un grand ami de Stern qui prendra la relève de la série Invitation la semaine prochaine.
Guitariste puissant, sorte de guitar hero du jazz fusion, virtuose incandescent capable de mitrailler en appui sur des basses actives, Mike Stern a toujours eu la réputation d'aimer les trucs qui brassent. «C'est encore vrai. Le groove est tellement important dans la musique... J'aime sentir la musique, j'aime quand un batteur "kicks my ass", j'aime faire chanter une guitare.»
Et à 54 ans, cet éternel adolescent affirme apprendre encore tous les jours. «Le jazz est un voyage sans fin. Plus t'apprends, moins tu en connais. Je suis des cours de théorie présentement, et je me sens comme un gamin dans un magasin de bonbons, j'ai envie de tout.» Encore junkie, Mike Stern. Mais de musique, rien d'autre.
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- À écouter: Who Let The Cats Out (2006), Four Generations Of Miles (2002) et Voices (2001).
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