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Ça ne m'étonne pas... c'est le signe que la société québécoise est en crise grave

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Sylvain Racine (sracine@gmail.com)
Envoyé Le mercredi 27 juin 2007 04:00



Pour le public en général, c'est peut-être un choc. Pour moi, qui ai travaillé comme préposé aux bénéficiaires à l'urgence de l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal pendant 2 ans, c'était seulement un question de temps. Selon moi, ce genre d'article dans le journal sera extrêmement commun durant les 25 prochaines années. Mais la prochaine fois, le gars avec la phlébite ne s'en sortira pas.

J'ai étudié pour devenir préposé au bénéficiaires dans une école privée et par la suite en sois infirmiers pendant une session. J'ai bien réussi ma session. Malheureusement, c'est quand Jean Charest a décidé de couper ma bourse en 2004 pour m'endetter davantage. J'étais sur les prêts et bourses. Mon père, un babybobers, ne m'a jamais donné un sous pour mes études et je vivais seul en appartement. Je travaillais à temps partiel à l'hôpital à ce moment. J'ai vu le climat de travail, le personnel provenant des agences, autant infirmiers qu'auxilière, venir en renfort aux salles d'urgence. J'ai vu les infirmières et infirmiers épuisés de faire des 16 heures de travail en ligne.

Bref, Jean Charest qui me coupait ma bourse, les infirmières qui me conseillaient fortement de quitter la profession pour devenir plombier ou électricien, non pas parce que je ne fesais pas un bon travail, seulement parce qu'il me souhaitaient un meilleur avenir.

Mais moi j'aimais ça réanimer des gens, soigner les patients... Moi aussi, étudier en soins infirmiers et travailler en même temps pour payer mes études, en plus du climat politique à Québec et de la déprime grandissante dans le système de santé, j'ai tout lâché.

Bonne chance aux infirmières et infirmiers.

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