États-unis - La crise immobilière fait peur aux marchés

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AFP , PC
Édition du mercredi 27 juin 2007

Mots clés : crise immobilière, marché financier, Économie, États-Unis (pays)

La Bourse de New York a terminé en baisse hier, sur fond de difficultés dans l'immobilier et d'inquiétudes persistantes sur le secteur financier: l'indice Dow Jones a cédé 0,1 % et le Nasdaq a également perdu 0,1 %.


Le Dow Jones a baissé de 14,39 points pour clôturer à 13 337,66 points, et l'indice composite du Nasdaq, de 2,92 points, à 2574,16 points, selon les chiffres définitifs de clôture. L'indice élargi Standard and Poor's 500 a de son côté glissé de 0,3 % (-4,85 points) pour clôturer à 1492,89 points.

Wall Street enregistre sa troisième clôture consécutive de baisse, au terme d'une nouvelle séance très volatile et alors que les investisseurs attendent des éléments d'analyses nouveaux.

Illustrant la crise persistante du secteur immobilier résidentiel, les ventes de logements neufs aux États-Unis pour mai ont reculé de 1,6 % par rapport à avril, pour atteindre 915 000 unités en rythme annuel, alors que les analystes tablaient sur 925 000. «C'est un peu moins que prévu, mais pas tant que cela, donc cela n'a pas beaucoup pesé sur le marché», a tempéré Marc Pado, de Cantor Fitzgerald.

L'indice de confiance des consommateurs américains de l'institut privé Conference Board a atteint pour juin son niveau le plus bas en dix mois, à 103,9 points contre 108,5 en mai.

Cependant, comme lors des séances précédentes, les inquiétudes au sujet du marché des prêts hypothécaires à risque (subprime) ont pesé sur la tendance. Les investisseurs craignent que les difficultés de deux fonds spéculatifs gérés par la banque Bear Stearns ne soient révélatrices d'un problème plus large du secteur et ne se répercutent sur le secteur financier dans son ensemble.

La semaine dernière, on apprenait que deux importants hedge funds du courtier Bear Stearns, qui détenaient il y a peu pour plus de 20 milliards $US de titres, risquaient d'être fermés, victimes indirectes de la crise de secteur des prêts immobiliers à risque.

Merrill Lynch, l'un des principaux bailleurs de fonds, a indiqué qu'il comptait saisir les biens offerts en garantie par l'un des deux fonds pour les vendre. Il s'agit essentiellement d'obligations adossées à des prêts immobiliers.

Dans le même temps les deux fonds travaillent avec d'autres créanciers, notamment Goldman Sachs et Bank of America, pour rembourser l'emprunt de quelque neuf milliards $US contracté par les deux fonds, selon une source proche du dossier citée par le Wall Street Journal.

Les deux fonds détenaient il y a quelques semaines encore un portefeuille estimé à 20 milliards $US. Ces investissements étaient essentiellement composés d'obligations liées à des prêts immobiliers à risques (subprime), et cette affaire illustre les risques que la crise de l'immobilier résidentiel pourrait faire courir à Wall Street.

Pendant le boom de l'immobilier, ces investissements ont explosé, et depuis 2000 Wall Street a créé pour 1800 milliards de dollars de titres adossés au marché subprime, souligne le quotidien.

Mais les difficultés du secteur ont brusquement fait chuter la valeur des titres et le fort effet de levier financier des hedge funds ne fait qu'amplifier la crise.

Sur le marché obligataire, le rendement du bon du Trésor à 10 ans montait à 5,1 % hier contre 5,08 % lundi soir, et celui à 30 ans à 5,22 % contre 5,2 %.

Au Canada

Au Canada, le parquet boursier doit également conjuguer avec la faiblesse des prix des produits de base qui, hier encore, a mené à une autre chute importante de l'indice de la Bourse de Toronto. On a assisté à une baisse de plus de 100 points pour une troisième séance d'affilée.

L'indice S&P/TSX a dégringolé de 177,98 points pour s'arrêter à 13 663,88, alors que tous les secteurs clés ont essuyé des pertes, celui des mines en particulier, avec une baisse de 2,9 %.

Le dollar canadien a gagné huit centièmes, à 93,49 ¢US.

Les valeurs dans le secteur de l'or ont perdu 2,3 % alors que le prix de l'once d'or a décliné de 9,20 $US à 642,10 $US, son niveau le plus bas depuis janvier.

La baisse du prix du pétrole a également exercé une influence importante, le secteur de l'énergie régressant de 1,9 %. Le prix du baril de pétrole a baissé de 1,41 $US à 67,77 $US, son niveau le plus bas depuis le 14 juin, alors que les investisseurs s'attendent à ce que le gouvernement américain fasse état d'une autre hausse des réserves à l'aube de la période des vacances estivales.

«Je pense qu'il y a certaines inquiétudes à propos de la durabilité de certains des prix qui continuent d'augmenter -- que ce soit pour les métaux, l'or ou les produits d'énergie. Une bonne part de cela vient de l'incertitude qu'on retrouve dans le marché américain et de la direction que prendront les taux d'intérêt», a déclaré Fred Ketchen, de Scotia Capitaux.

«Nous avons toutes ces inquiétudes qui s'accumulent. Les marchés ont été plutôt solides cette année et tout à coup, on connaît une correction importante.»


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