Sécurité renforcée au sud du Liban après l'attentat contre la Finul

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AFP
Édition du mardi 26 juin 2007

Mots clés : Casques bleus, sécurité, attentat, Violence, Liban (pays)

Des soldats ont été dépêchés sur les lieux de l'attentat qui a coûté la vie à six soldats du contingent espagnol de la Finul, dimanche.

Photo: Agence Reuters

Khiam, Liban -- Le sud du Liban était placé sous sécurité renforcée hier au lendemain d'un attentat qui a coûté la vie à six soldats du contingent espagnol de la Finul, le premier à viser les Casques bleus depuis la fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah chiite pendant l'été 2006.

À New York, le Conseil de sécurité et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon ont condamné une «attaque terroriste».

Cet attentat à la voiture piégée survient alors que le Liban est secoué par des violences, notamment dans le nord où l'armée est engagée depuis le 20 mai dans des affrontements avec le groupe islamiste Fatah al-Islam. Le gouvernement libanais a d'ailleurs établi un lien entre cette attaque et les combats au Liban nord.

«Il y a un lien entre l'attentat qui a visé le contingent espagnol de la Finul et les combats entre l'armée libanaise et les terroristes du Fatah al-Islam», a déclaré le ministre de l'Information, Ghazi Aridi.

Environ 150 militaires de la Finul et de l'armée libanaise se sont déployés hier sur les lieux de l'attentat qui a visé un véhicule blindé du contingent espagnol, équipés de chiens policiers et assistés par des experts en explosifs.

L'attentat a eu lieu à 10 kilomètres de la frontière avec Israël. La voiture piégée était garée sur le bas-côté d'une route entre les villes de Marjayoun et Khiam, fréquemment empruntée par les patrouilles de la Finul.

Des mesures de sécurité renforcées ont été prises autour du quartier général de la Finul, à Naqoura. L'armée libanaise a également renforcé son dispositif, multipliant les barrages routiers le long de la frontière libano-israélienne.

Le ministre espagnol de la Défense, Jose Antonio Alonso, a affirmé l'engagement de l'Espagne a poursuivre sa mission. Il s'est rendu hier sur les lieux de l'attentat et a présidé une cérémonie en hommage aux six Casques bleus tués, trois soldats espagnols et trois colombiens servant dans l'armée espagnole.

Le commandant en chef de la Finul, le général italien Claudio Graziano, a déclaré que l'attaque «ne fera que renforcer la détermination de la Finul à remplir sa mission conformément à la résolution 1701» du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis fin à la guerre de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah. Il a estimé que cet attentat ne visait pas seulement le Liban et la Finul, «mais aussi la stabilité de la région».

La résolution 1701 a renforcé la Finul, présente depuis 1978 au sud du Liban, portant ses effectifs à 13 000 hommes, et a permis le déploiement de l'armée libanaise à la frontière avec Israël, auparavant chasse gardée du Hezbollah. Cet attentat est intervenu une semaine après le tir de deux roquettes à partir du sud du Liban sur la ville israélienne frontalière de Kyriat Shmona, attribué par Israël à des groupes palestiniens.

Une source du Hezbollah a déclaré à l'AFP que l'attentat apparaît comme «l'oeuvre de professionnels hautement qualifiés, exécuté par des cellules dormantes».

Des sources judiciaires libanaises avaient affirmé début juin que le Fatah al-Islam, retranché dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared projetait de s'en prendre à la Finul, citant des aveux d'islamistes arrêtés.

Dans la soirée, quelque trois cents Casques bleus de la Finul ont rendu hommage dans une base du sud du Liban à leurs six camarades. «Ces magnifiques ont donné leurs précieuses vies pour la nation libanaise», a déclaré le ministre espagnol de la Défense.

«Dans ce lieu où notre mission est plus importante qu'ailleurs [...] Vous travaillez pour la paix dans une région de la planète qui en a spécialement besoin», a souligné le ministre. Les dépouilles mortelles devraient être transférés dans la soirée à Madrid.

Parallèlement, deux soldats libanais ont été tués hier dans les combats avec le Fatah al-Islam à Nahr al-Bared, portant à 162, dont 82 militaires et au moins 60 islamistes, le nombre de morts depuis le 20 mai.


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