Les militaires trouvent regrettable la manifestation des opposants

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PC
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 juin 2007

Mots clés : Forces armées, Christos Karigiannis, soldat, Québec (province)

2000 soldats défilent dans les rues de Québec

L'armée canadienne interdit à ses soldats, jusqu'à nouvel ordre, de faire usage du véhicule tout-terrain de type Gator hors des zones jugées sécuritaires. Le lieutenant-colonel Rob Walker explique que l'attentat qui a coûté la vie à trois militaires canadiens mercredi, dont le Lavallois Christos Karigiannis, dans le secteur afghan de Panjwaii, avait démontré que cette région n'était pas aussi sécuritaire que l'armée l'avait cru.

Québec — Les militaires de Valcartier qui ont paradé hier soir à Québec, avant leur départ pour Kandahar, trouvent regrettable que des opposants à la mission profitent de l’occasion pour manifester.

Plus de 2000 militaires qui seront déployés en Afghanistan à partir de la mi-juillet ont tenu un dernier grand rassemblement en défilant dans les rues de Québec.
La tenue de cette parade a toutefois été perturbée par des manifestations des coalitions Guerre à la guerre et Québec pour la paix.

Les manifestants se sont ensuite dispersés, après quelques disputes verbales avec des partisans de la mission canadienne en Afghanistan.
Les militaires questionnés reconnaissent aux deux groupes le droit à leur opinion, mais ils auraient préféré pouvoir savourer pleinement cette journée en leur honneur.
«Ils ont le droit de manifester, mais le faire devant nous, je pense que ça ne donne rien, parce que ce n’est pas nous qui pouvons décider de ne pas aller en Afghanistan, ça se décide au-dessus de nous», a lancé le caporal-chef André Laberge, selon qui les pacifistes devraient plutôt manifester à Ottawa.

«Nous, ça fait partie de notre travail, c’est pourquoi nous nous sommes enrôlés, on est content de faire notre travail», a-t-il complété.
Plus agacé, le caporal Alexandre Dumont estime que les manifestants ne saisissent pas le sens de la mission canadienne à Kandahar, sous l’égide de l’OTAN.
«On s’en va là pour aider la population afghane, on a réussi à faire beaucoup de choses pour stabiliser et sécuriser le pays depuis le début, si des gens ne le comprennent pas, nous et nos familles, on le comprend.»

Le caporal-chef Jean Laberge s’est aussi montré perplexe devant les arguments invoqués par les opposants. «Si on se retirait, on annulerait tous les sacrifices et les efforts consentis jusqu’ici pour rebâtir le pays, et on le laisserait tomber aux mains des Talibans», a-t-il expliqué.
Manifestants ou pas, le général Christian Barabé croit en l’importance de la parade.
«On veut permettre à nos gens de partir en sachant que la ville de Québec est derrière eux, alors que leur mission sera difficile», a-t-il résumé, en marge d’une rencontre avec le ministre de la Défense, Gordon O’Connor, plus tôt en journée.
Avant le défilé, les militaires ont profité d’une journée d’activités en famille au Centre des congrès.

D’ici leur déploiement, la plupart profiteront d’une période de vacances.
Ils avaient également été salué par les autorités provinciales et fédérales. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a appelé la population à témoigner leur appui moral aux troupes troupes qui seront déployés en Afghanistan.
Dans une allocution prononcée au cours de la cérémonie qui a précédé le défilé, M. Charest a dit aux militaires de Valcartier qu’ils représentaient le bras agissant du pacifisme québécois. «Vous êtes les libérateurs. L’heure est à la reconnaissance de votre courage», a-t-il lancé.
La mairesse du Québec, Andrée Boucher, a renchéri en déclarant: «On compte sur vous pour nous faire un monde meilleur.»


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