Le Nouveau-Brunswick en camping
Mots clés : acadien, promenade, camping, Tourisme, Nouveau-Brunswick (province), Canada (Pays)

En s'arrêtant à une station-service, on a croisé Sheila Copps qui cherchait à réparer quelques chose ou à remplir quelque chose. Il y a quelquefois des rencontres qui relèvent de l'irréel. Les panneaux couronnés, Sheila... On pouvait prendre la sortie 69 et s'enfoncer dans les terres, ou longer la rivière qui s'en va à Grand-Sault. Curieuse, cette ville, qui vit de ses chutes et est entourée de centres commerciaux. Un peu comme si le boulevard Taschereau pouvait s'enorgueillir de quelques pentes abruptes remplies d'eau pour attirer les curieux.
Un centre-ville tout petit fait aussi dans le commerce tous azimuts et une église toute simple jouxte une bibliothèque où l'accès à Internet est gratuit et semble sans limites.
C'est près de cette ville que se trouve notre premier arrêt: le Paradis de la Petite Montagne. Ce camping en est un de transit lorsqu'on vient de loin au Québec. Situé en bordure de la route, il est surtout fréquenté par la clientèle saisonnière qui a pignon sur roulotte ou autre engin récréatif à sa disposition pour tourner et virevolter dans les champs environnants. Tout le monde se connaît et ces gens imposent la loi.
Les saisonniers forment le coeur du camping tandis que les campeurs de passage sont logés en périphérie, près de la route. On a un peu attiré l'attention car c'était la première fois qu'on dépliait la roulotte. Pas trop d'aide, quelques quolibets et une certaine audace musicale.
Une voisine qui nous avait prédit un ouragan qui n'est jamais venu n'aimait pas du tout la symphonie de Mahler que mes amazones affectionnent quand on est autour d'un feu et qu'on prépare le repas. La démone de l'ouragan nous a demandé de baisser cette horrible musique et nous a servi quelques chansons guillerettes avec de la guitare pour mieux montrer sa place dans la hiérarchie. À la nuit tombée sont apparues de petites lumières clignotantes un peu partout et des collections impressionnantes de nains de jardin quelquefois animés, chanteurs et éclairés.
Juste en sortant, un petit étang attenant fait office de dérivatif aquatique avec plage de gravier et mini-glissades d'eau sur une île artificielle, avec un resto de cuisine très rapide sur la pelouse environnante. On retrouve là trois clientèles: familiale, ados énervés et plongeurs, amoureux entre 20 et 35 ans.
Sur le site, une boutique offre des produits de première nécessité alimentaire et «campingnière», avec des prix prohibitifs en matière de bûches pour les feux nocturnes.
- Camping le Paradis de la Petite Montagne, sortie 69, chemin Bourgoin, Saint-André, Nouveau-Brunswick (entre Saint-Léonard et Grand-Sault), tél: (506) 473-6683, (506) 473-6629 (télécopieur).
Quitter un paradis comme celui-là est chose facile. Direction Shippagan, par la côte nord. Il n'y a pas de grandes envolées lyriques de ce côté-là. On ne voit pratiquement jamais la mer, si ce n'est en tournant à gauche dans une rue qui va vers l'océan. C'est ce que nous avons fait pour mettre les pieds dans le sable avant Caraquet et Shippagan, dans un village sans prétention qui affichait du homard du Maine, des crevettes de Matane et de la morue pas encore localisée.
On s'enfonçait donc dans ce chemin dans le but de respirer un peu d'iode et de prendre dans nos mains quelques algues qui se reposaient sur les plages. Deux crabes se faisaient la nique sous des rochers minuscules qui avaient l'air tous perdus sur cette vaste étendue de sable battue par les vents et où personne ne se baignait. C'est en voulant quitter ce chemin de sable que les problèmes ont commencé, la conduite à reculons avec une tente-roulotte étant d'une grande difficulté pour mes capacités routières.
À ce moment-là surgit de derrière une maison adossée à la plage une créature féminine tenant de Lise Watier pour la manucure et d'une effeuilleuse pour la tenue outrageusement serrée sur des rondeurs qui frappent dans ce paysage, avec les difficultés que nous avions à en sortir.
D'une gentillesse à toute épreuve, elle nous a fait faire les manoeuvres nécessaires et nous a proposé de l'eau tout en se déhanchant de belle manière avec des talons hauts pas du plus pratique dans le sable. Elle nous a souhaité bonne route en se cassant un ongle et nous a indiqué le chemin à prendre.
Les villages se suivent et se ressemblent un peu, avec un curieux mélange de maisons qui n'ont pas l'air d'être finies (un peu comme dans les campagnes roumaines) et d'autres qui sont des maisons dites de prestige, avec des garages plus que doubles et des véhicules rutilants qui attendent dehors. Un mélange de grande pauvreté et de grande richesse qui se côtoient à quelques terrains près.
En arrivant à Shippagan, la mer est plus présente, et les touristes aussi.
Le camping Shippagan est situé au bord de la mer. On peut choisir un emplacement près de la plage ou à l'intérieur, dans une forêt aménagée pour des sites un peu plus intimes, qui sont les plus intéressants.
Si vous vous trouvez vraiment sur le premier en bord de crique, vous aurez droit à la promenade de plusieurs kilomètres dans le bois, là où les vacanciers promènent Pitou, Minou et quelques enfants en mal de bicyclette.
On parle ici de camping à orientation familiale avec village du père Noël, terrain d'activités, petit théâtre en plein air, minigolf, location de kayaks, pédalos et vélos, casse-croûte.
La plage, faite de simili-sable vaseux avec de petits cailloux, n'est pas géniale mais on peut arriver à se baigner et on a pied sur au moins 800 mètres. Pas de boutique mais du bois de foyer à prix prohibitif et le journal local.
Pour de bons fruits de mer et des poissons frais, aller à la Poissonnerie à Le Goulet. Pour pêcher au maquereau, contactez Michel Boudreau et son Nord d'est V, avec ses savoureuses histoires de pêche et de connaissances du milieu ambiant. tél: (506) 336 1880.
On va également au musée marin pour la faune des environs et les homards géants, et au village acadien, tout près de Caraquet, pour des maisons d'une autre époque animées par des artisans en costume d'époque (du forgeron à la maîtresse d'école en passant par le tenancier de bar). On en saura beaucoup plus sur le passé acadien. Si on reste le soir, on a droit à un spectacle haut en couleurs qui relate la Déportation et où la chanson Évangéline est le hit attendu.
Pour avoir droit à du vrai sable et à des eaux de température acceptable, il faut pousser du côté de Lamèque et de Miscou.
- Camping Shippagan, 589, chemin Haut-Shippagan, Haut-Shippagan, Nouveau-Brunswick, tél: (506) 336-3960, (506) 336-3961 (télécopieur).
Nous sommes partis de ce camping le jour de Noël et il a fallu expliquer à ma fille que, dans certains campings, Noël, c'est aussi l'été, et que nous allions maintenant connaître ce qu'est le vrai camping, sans lumières criardes ni chansons doucereuses accompagnées à la guitare.
Sur la route qui descend à Moncton, nous sommes arrivés au camping Kouchibouguac, dans un parc national: des sites qui sont autant de lieux cachés à travers la forêt ou au bord du chenal éponyme. On a assez d'espace pour ne pas courtiser son voisin le plus immédiat et il y a une clientèle composée de familles, d'amoureux de la bicyclette (62 kilomètres de pistes cyclables sans une seule côte).
Accès à des plages de sable et baignade familiale (sauf quand une armée de méduses vient de prendre un orage violent) et nombreuses activités organisées autour de l'ornithologie, du respect et de l'interprétation de la nature environnante et de la rencontre d'une colonie de phoques en kayak.
Des rivières qui acceptent les kayaks et des sites de randonnée pédestre sont là pour les plus sportifs. Théâtre de marionnettes pour enfants, activités en anglais avec autochtone et tipi associés, casse-croûte (avec matériel de camping, médicaments et autres items d'urgence), restaurant de cuisine pas trop rapide et location de pédalos, kayaks, chaloupes, vélos...
On compte un terrain de camping principal et deux autres sites appelés camping primitif (qu'on rejoint à pied ou en canot), avec, là aussi, des prix prohibitifs en matière de bûches.
Comme il n'y a pas vraiment de boutique pour manger à sa convenance sur le site, mieux vaut aller faire un tour du côté de la coopérative de Saint-Louis-de-Kent, avec une poissonnerie bien achalandée. Si on ne veut pas manger sur sa table de pique-nique, il y a toujours les excellentes pizzas de la Pizzeria 5 étoiles, mais il faut commander avant 21h pour être sûr d'avoir la taille de galette désirée. tél: (506) 876 4700.
On trouve un autre endroit à fréquenter en dehors du parc, et ce, pour l'amour des ours, tous les jours à 17h45. On peut observer, perchés dans une tour en bois, muets, le repas sans retenue de beaux gros nounours dans leur milieu naturel. Chez Richard et Viviane, à Acadieville. tél: (506) 775 2354.
De Saint-Louis-de-Kent, on peut faire des excursions au large pour apercevoir des colonies de loups marins qui s'amusent comme des fous. De l'autre côté du chenal, on peut demander si des bateaux sont prêts pour la pêche au maquereau. On peut avoir des tuyaux à l'information du parc national.
Si on aperçoit un ours, un orignal ou tout animal attirant l'attention, on le signale aux rangers qui inscrivent sur une carte la date, l'heure et le quadrilatère où l'animal a été aperçu. Mouettes, lapins et cormorans ne sont pas comptabilisés.
- Parc national Kouchibouguac, 186, route 117, tél: (506) 876-2443, (506) 876-4802 (télécopieur), kouch.info@pc.gc.ca, http://www.pc.gc.ca/pn-np/nb/kouchibouguac/activ/activ2_f.asp.
Nous sommes revenus par une route de gravier qui traverse tout le Nouveau-Brunswick, un peu au-dessus de Moncton, jusqu'à Grand-Sault, avec des tonnes de poussière et d'immenses camions qui font la loi du bois et de la construction.
À cette période, les mouches sont moins féroces. Nous avons revu les chutes et sommes passés devant Saint-Louis-de-Ha-Ha... Et la tente-roulotte était toujours accrochée. Le camping était terminé. Trois identités différentes à visiter selon l'humeur qu'on s'accorde à faire la conversation ou à vivre plus près de la nature.
Collaborateur du Devoir
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Paradis de la Petite Montage...n'est pas du tout un paradis! - par Mandy Poitras
Le jeudi 28 juin 2007 10:00

