OMC: échec des discussions entre les quatre grands

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AP
Édition du vendredi 22 juin 2007

Mots clés : subventions, Organisation mondiale du commerce, Agriculture, Économie, Allemagne (Pays)

Potsdam -- Les négociations entre les quatre grandes puissances de l'Organisation mondiale du commerce (Brésil, Inde, États-Unis, Union européenne) réunies cette semaine à Postdam, en Allemagne, se sont soldées par un échec faute d'accord sur la réduction des subventions agricoles, a annoncé hier le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim.

«Il était inutile de poursuivre les discussions sur la base des chiffres qui étaient sur la table», a expliqué M. Amorim lors d'une conférence de presse. «C'est un échec, il ne faut pas se le cacher.» Le ministre du Commerce indien, Kamal Nath, a attribué ce résultat au refus des États-Unis de réduire leurs subventions agricoles.

Des responsables proches du dossier avaient indiqué en début de semaine que Washington était disposé à les limiter à 17 milliards $US. Mais, selon eux, le Brésil insiste pour que ce chiffre soit inférieur à 15 milliards $US.

Relancer Doha

La réunion à huis clos de Potsdam, qui s'est ouverte mardi, avait pour but de tenter de relancer le cycle de négociations sur la libéralisation du commerce mondial. Mercredi, l'Europe a fait preuve de souplesse sur le dossier sensible de l'agriculture, contrairement à l'Inde.

Selon un diplomate présent à la réunion, l'UE s'est montrée disposée à réduire de 70 % les tarifs douaniers sur ses produits agricoles les plus protégés, soit 10 % de plus qu'une offre européenne remontant à octobre 2005. Toutefois, les produits considérés comme les plus sensibles par l'Union, qui pourraient englober ceux à base de lait, de boeuf et de volailles, ne subiraient une baisse que de 23,3 %, a-t-il précisé.

Les autorités européennes n'ont pas confirmé cette offre, qui reste en deçà de ce que les États-Unis demandent. Un responsable de l'UE a même démenti que des réductions plus importantes des tarifs douaniers aient été proposées dans ce dossier, politiquement délicat pour nombre de pays européens, notamment la France.

Si l'UE a adopté un ton conciliant, l'Inde en revanche a durci sa position, estimant que son agriculture devait être protégée de la concurrence internationale, selon un diplomate proche du dossier. Elle a insisté pour que 20 % de ses tarifs douaniers agricoles ne fassent l'objet d'aucune baisse ou seulement de réductions minimales, a-t-il indiqué.

Sur le volet des produits manufacturés, l'Inde et le Brésil ont avancé des propositions en vue de faciliter l'accès à leur marché, toutefois très en retrait par rapport aux demandes des États-Unis et de l'Europe.

Réunion cruciale

La réunion de Potsdam était considérée comme cruciale pour relancer le cycle de négociations de Doha, lancé en 2001, sur la libéralisation des échanges commerciaux et parvenir à un nouvel accord dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce d'ici la fin de l'année. Depuis six ans, les discussions butent principalement sur le dossier agricole, qui oppose pays riches et pauvres.

Les négociateurs de l'OMC tentent de s'entendre sur le cadre d'un accord d'ici fin juillet, afin de laisser assez de temps pour la rédaction du texte final d'ici la fin de l'année. En l'absence d'avancées décisive au cours des six prochaines semaines, l'ensemble du processus pourrait être reporté à 2010, les deux prochaines années étant perçues comme défavorables à la conclusion de compromis en raison d'échéances électorales aux États-Unis et en Inde.

Les «Quatre» réunis à Potsdam ne sont pas habilités à négocier au nom des 150 membres de l'OMC, mais leurs positions sont jugées représentatives des vues exprimées au sein de l'organisation basée à Genève. Reste que les décisions se font par consensus dans cette institution: chaque pays membre dispose ainsi d'un veto virtuel.


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