Marchés boursiers - Blackstone entre en Bourse sous les regards critiques

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AFP
Édition du vendredi 22 juin 2007

Mots clés : Blackstone, Marchés boursiers, Institutions financières, Économie, États-Unis (pays)

New York -- Le fonds d'investissement Blackstone, la star de Wall Street, entre aujourd'hui à la Bourse de New York, une consécration qui renforce des critiques grandissantes contre la richesse des fonds et leurs avantages fiscaux, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne.

Blackstone, l'un des trois plus gros fonds du monde, va introduire en Bourse aujourd'hui 12,3 % de son capital pour lever plus de quatre milliards $US.

À cette occasion, l'État chinois, qui veut lui aussi toucher une part des impressionnants bénéfices du fonds, a convenu de lui acheter 9,7 % de ses actions, ce qui rapportera à Blackstone trois milliards supplémentaires. Une participation qui menace la sécurité des États-Unis, selon le sénateur américain Jim Webb, qui a demandé hier que l'introduction en Bourse, la plus grosse de la Bourse de New York cette année, soit bloquée.

Pour Blackstone, l'entrée en Bourse marque la réussite d'un fonds qui gère plus de 88 milliards et a réalisé ces derniers mois certaines des plus grosses acquisitions mondiales. Il a notamment racheté pour 39 milliards le promoteur immobilier Equity Office.

Blackstone pourrait lever en Bourse jusqu'à 4,75 milliards en fonction du prix d'introduction.

Les marchés s'attendent à un succès, même si certains analystes soulignent que les fonds sont peut-être arrivés au faîte de leur réussite.

Des fonds secrets

Les fonds d'investissement, auxquels des investisseurs institutionnels ou privés confient leurs avoirs pour les faire fructifier, sont devenus ces dernières années les acquéreurs d'entreprises les plus actifs, dont tout récemment le constructeur automobile Chrysler. Ils paient généralement l'acquisition en endettant le groupe racheté, puis maximisent son bénéfice en réduisant les coûts (réductions d'effectifs, vente des branches les moins rentables...) avant de le revendre avec une plus-value.

Secrets, gérés par des associés qui touchent des commissions sur les opérations, ils préfèrent souvent éviter la Bourse, qui oblige à divulguer des informations sur les bénéfices, les opérations et le salaire des dirigeants.

Pourtant Blackstone a décidé d'utiliser la Bourse pour lever des fonds, comme avant lui son rival KKR, entré en Bourse l'an dernier et qui a levé cinq milliards, ou encore Fortress, qui a fait une entrée triomphale en février.

Le patron de Blackstone, Stephen Schwarzman, dont la presse a rapporté les dépenses extravagantes, se retrouvera à la tête d'actions valant près de huit milliards.

Des critiques

Mais le succès des fonds comme Blackstone, provoque aux États-Unis de plus en plus de critiques, que cette entrée en Bourse exacerbe. Non seulement de la part des syndicats qui voient les fonds comme des fossoyeurs d'emplois, mais aussi de parlementaires qui veulent les taxer davantage.

Deux sénateurs américains ont présenté un projet de loi pour taxer les fonds à 35 %, comme les autres entreprises, alors qu'ils ne sont taxés actuellement qu'à 15 %. Ils ont notamment jugé «injuste» que Blackstone soit coté sans payer les mêmes impôts que les autres groupes.

La même offensive a été lancée en Grande-Bretagne, où les fonds sont taxés à 10 % au lieu de 40 % pour les entreprises classiques, ce qu'ont dénoncé ces derniers jours des syndicats, des élus et des personnalités de la finance. Plusieurs dirigeants de fonds, dont Blackstone et KKR, ont été auditionnés mercredi par la Commission des finances du Parlement britannique, et le premier ministre Tony Blair lui-même a été pris à partie sur le sujet.


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