Boom de l'investissement venu des pays émergents

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AFP
Édition du vendredi 22 juin 2007

Mots clés : OCDE, pays émergents, Investissement, Économie, France (pays)

Paris -- Les entreprises des pays émergents comme la Chine ou l'Inde ont investi des montants records l'an dernier hors de leurs frontières, et notamment dans les pays riches où elles n'hésitent plus à acquérir des concurrents, selon une étude de l'OCDE publiée hier.

«L'année 2006 a été la plus importante pour les fusions-acquisitions transfrontalières lancées depuis des pays non-membres de l'OCDE, qui ont atteint près de 115 milliards $US», souligne l'organisation, qui regroupe tous les grands pays développés, dans ce rapport sur les investissements directs à l'étranger (IDE).

Plus de la moitié de cette somme a été investie dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques.

Elle cite en particulier l'achat de la société sidérurgique anglo-néerlandaise Corus par l'indien Tata Steel pour plus de 10 milliards d'euros et du géant minier Inco par le brésilien CVRD pour 15,5 milliards $US.

Le groupe de matériaux de construction mexicain Cemex a aussi pris le contrôle de l'australien Rinker, le valorisant à 15,3 milliards $US.

Investisseurs importants

La couverture médiatique de ces opérations a beau être «disproportionnée» dans les pays du Nord, cela ne doit pas occulter le fait que les ces pays deviennent des investisseurs «de plus en plus importants», selon le rapport.

En effet, la tendance «ne se limite pas à quelques rachats», car plus généralement «l'expansion internationale de grandes entreprises issues des pays émergents constitue une thématique nouvelle et importante dans le paysage de l'investissement mondial», commente l'OCDE.

Ce «boom» s'explique selon elle par une croissance économique importante, notamment en Asie et dans les pays exportateurs de pétrole, par les prix élevés des matières premières et une libéralisation croissante des règles d'investissement.

Singapour, le Brésil et les Émirats arabes unis sont les plus actifs pour les fusions-acquisitions dans la zone OCDE, sur la période 1999-mai 2007. Singapour, la Chine et la Malaisie se distinguent dans les autres pays.

L'investissement «Sud-Sud» a également le vent en poupe, plus axé sur la création de nouvelles structures que sur le rachat d'entreprises existantes, souligne le rapport.

L'OCDE, d'inspiration libérale, souligne par ailleurs la montée des inquiétudes dans l'opinion publique des pays développés concernant la mondialisation, car elle se résume souvent pour elle aux délocalisations d'emplois dans les pays où le travail est moins cher.

«Si les délocalisations s'accélèrent, on pourrait en conclure que cet aspect de la mondialisation conduit effectivement à des pertes d'emplois» dans les pays développés, remarque l'OCDE. Mais elle relativise le phénomène en estimant que les pertes d'emplois industriels sont compensées par une «vive croissance» dans les services.


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