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Attention ! Une nouvelle attaque de la «structuratite» aigue

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Jean-Pierre Aubry
Envoyé Le jeudi 21 juin 2007 13:00



Dès le début du projet des fusions municipale, le gouvernement n'a pas essayé de faire reposer ce projet sur une amélioration des règles de gouvernance, notamment sur le fait que les élus (et les hauts fonctionnaires) soient pleinement responsables de gérer la production d'un ensemble de services (de la taxation, en passant par la production et la livraison et à la reddition de compte). Les municipalités avaient peu d'autonomie ; en ne réalisant pas des économies d'échelle lors des fusions, elles en n'ont encore moins. Le gouvernement voulait que les municipalités fusionnées puissent mieux gérer de grands dossiers ; mais plus les projets sont gros et coûteux, moins elles sont autonomes. Le gouvernement a même refusé de discuter de la possibilité que les fusions génèrent des déséconomies d'échelle ; aujourd'hui on nage dans celles-ci.

Quand on ne recherche pas à réaliser des économies d'échelle, on donne le message que l'efficience ce n'est pas important. Quand un système encourage l'esprit de clocher il ne faut pas se surprendre qu'il soit florissant. Je dirais que l'on n'a pas créé les conditions pour faire en sorte que les citoyens comprennent qu'il leur est profitable de mettre en commun des ressources et de prendre ensemble des décisions pour réaliser des économies d'échelle. En fait, quand les fusions font l'inverse, il est tout à fait prévisible de voir une montée de l'esprit de clocher.

Montréal n'a pu réaliser en 2006 son plan de renouvellement de l'infrastructure des services d'eau et d'égout parce que les subventions n'étaient pas au rendez-vous. Bienvenue au monde de la déresponsabilisation. Comment explique-t-on que peu de jour avant l'ouverture de la station de métro de Laval, on n'avait pas déterminé la répartition des tâches et des coûts annuels d'entretien ? Ceci aurait dû être fait avant la levée de la première pelletée de terre... Quand on ne solutionne pas le problème des cols bleus de la ville de Montréal avant la fusion, le problème s'étend par la suite à toute l'île.

Face aux problèmes et aux critiques, le gouvernement alourdi de plus en plus les structures de décisions. Plus on tente d'uniformiser, plus il y a de mécontents et plus on met des représentants de tous et chacun dans le processus décisionnel. On souffre d'une «structuratite» aigue.

Jean-Pierre Aubry
économiste

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