Le surf déferle sur le Québec
Mots clés : surf, vagues, fleuve Saint-Laurent, Montréal
Trois ingénieurs projettent de nouvelles vagues et l'Association de surf du Québec voit le jour

Photo: Jacques Nadeau
Certaines vagues, «défrichées» par les kayakistes précurseurs -- car le surf de rivière dérive en fait du rodéo en kayak --, sont déjà bien connues des surfeurs, pros comme amateurs. La vague derrière Habitat 67 demeure la plus connue et la plus fréquentée par les Montréalais à cause de son accessibilité et de sa puissance. La rivière des Prairies a également des sites potentiels. À l'extérieur de Montréal, Chambly compte un site exceptionnel sur la rivière Richelieu.
Avec Big John au milieu des rapides de Lachine -- réputée de par le monde, mais pour experts seulement! -- et «la vague à Guy», ou Bunny Wave, située en amont des rapides, «LaSalle a un gros potentiel», note Hugo Lavictoire, surfeur-vedette des nouvelles publicités de MasterCard, qui a fondé son école de kayak et de surf, KSF, à LaSalle. Un protocole d'entente avec l'arrondissement a permis de développer des liens de confiance avec les adeptes de l'eau vive. «Il y a une signalisation qui leur est propre pour les encadrer, a indiqué Pierre Dupuis, de l'arrondissement. Ils sont très respectueux, ils savent où se trouvent les sites de descente sécuritaires pour eux et pour l'environnement.»
«Il existe déjà des vagues, mais elles sont souvent difficiles d'accès et dangereuses, et elles varient selon le débit de l'eau et les saisons, alors on veut pallier ce problème», a indiqué M. Hayek. My Wave Creation concentrera d'abord ses efforts sur la création d'une nouvelle vague, dont l'emplacement n'a pas encore été arrêté mais qui pourrait se trouver à proximité des sites connus. Le projet s'harmonise avec le Réseau bleu de Montréal, qui vise à redonner l'accès à l'eau aux citoyens.
Les caractéristiques minimales pour concevoir l'onde parfaite? «Un certain débit d'eau, un profil du fond de l'eau assez particulier», résume l'ingénieur, qui devait plus tard ajouter, par courriel: «La création d'une vague est possible par l'installation dans l'eau d'une structure ou d'une plateforme dont les caractéristiques particulières permettent de créer une vague optimale lors du passage du courant d'eau.» Sur une vague de 100 mètres de large, cette plateforme peut s'étendre sur cinq à dix mètres.
Si rien n'est encore signé avec les autorités, les pourparlers vont bon train avec les diverses instances concernées: la ville et les arrondissements, Environnement Canada, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF), Pêches et Océans Canada et des promoteurs privés. «C'est dans nos valeurs d'entreprise: on ne veut pas que ce soit mal vu, on veut respecter tant les citoyens que l'environnement, alors ça prend du temps», a dit M. Hayek. La petite équipe de génie-conseil souhaiterait idéalement que tout soit prêt pour juin 2008, en même temps que le Grand Prix, afin d'attirer l'attention à grande échelle.
«On n'est pas a priori contre ce type de projets, on les voit même d'un oeil favorable», a affirmé Pierre Bilodeau, biologiste adjoint à la Direction de l'aménagement de la faune de Montréal, de Laval et de la Montérégie au MRNF, qui a rencontré les ingénieurs. M. Bilodeau fait toutefois des mises en garde: le mode d'installation et les matériaux utilisés doivent assurer une solidité à l'épreuve des glaces et les travaux d'installation devront se faire en dehors de la période de reproduction des poissons, qui s'étend du printemps à la fin de l'été. Les rapides de Lachine comptent 70 espèces de poissons, dont le doré, la perchaude, le meunier et le chevalier, a signalé le biologiste, qui ne s'est pas suffisamment consacré au dossier pour faire part des sites à retenir.
Loin d'être néfaste, l'installation d'une plateforme pourrait même permettre d'améliorer la qualité du substrat, c'est-à-dire le fond de l'eau. «On pourrait produire un substrat qui favoriserait la colonisation par de petits invertébrés, ça donnerait de la nourriture pour les poissons, a indiqué M. Bilodeau. La structure elle-même pourrait servir d'abri de courant qui deviendrait une niche pour certains poissons.»
Le projet de My Wave Creation rejoint tout à fait la vision de l'Association de surf du Québec (ASQ, www.surfquebec.org), mise sur pied depuis septembre mais lancée officiellement aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale de surf. La création de cette association permettra de mieux encadrer et de faire reconnaître la pratique du surf, qui reste pour l'instant tolérée par les propriétaires des rives où elle se déploie.
«Le but de l'association, c'est de se donner un code d'éthique et un pouvoir de communauté au lieu d'être des "Joe Cool surfers" séparés qui essaient de réaliser des choses.» Son plan d'action: améliorer l'accès aux sites existants, réglementer les écoles afin de former des moniteurs et des sauveteurs, instaurer un système de brevets et développer la pratique.
Ces initiatives traduisent un engouement indéniable pour le surf de rivière ces dernières années. La jeune compagnie My Wave Creation, formée par trois ex-étudiants de l'École de technologie supérieure, s'est d'ailleurs lancée dans la conception de vagues de surf de rivière après avoir constaté l'engouement croissant pour cette activité à travers le monde. Montréal figure parmi les sites urbains les plus intéressants avec Munich et sa rivière Isar. L'Alberta compte aussi son lot de vagues à surf, dont une vague nouvellement créée au printemps dernier. D'autres rivières se prêtent à cette activité aux États-Unis, en Australie et en Zambie, en Afrique, dans la vallée du Zambèze.
Avec l'exploitation des rivières et des fleuves, cette activité autrefois réservée aux beach bums connaît une deuxième vie. Un nouveau magazine canadien de surf a vu le jour au début du printemps. Au Québec, l'ASQ est lancée, les boutiques de plein air s'ajustent et offrent de l'équipement, un magasin spécialisé vient d'ouvrir à Montréal et deux écoles roulent à pleine capacité, soit 2imagine, pilotée par Corran Addison, et KSF, menée par Hugo Lavictoire.
Vos réactions
Plus d'encadrement, moins de pollution - par Sylvain Castonguay (castonguay_sylvain@hotmail.com)
Le samedi 23 juin 2007 17:00
Laissons les rapides de Lachine en paix. - par Marc Lavallée
Le jeudi 21 juin 2007 21:00
Site Gratuit !!!!! - par Sylvain Caron
Le jeudi 21 juin 2007 12:00
De bonne nouvelle pour les surfers - par Raymond Martin (martin.raymond.3@gmail.com)
Le jeudi 21 juin 2007 11:00
Il est en effet grand temps de se réapproprier des berges et des eaux - par Pierre Véronneau (pierre.veronneau@videotron.ca)
Le jeudi 21 juin 2007 10:00

