L'Ontario aimerait que la politique monétaire freine l'envol du huard
Mots clés : inflation, David Dodge, politique monétaire, Économie, Dollar, Canada (Pays)
Chelsea -- Quelques provinces ont exhorté le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, à bien réfléchir avant de hausser à nouveau son taux d'intérêt directeur, puisqu'une telle décision, même si elle visait à freiner l'inflation, risque de propulser le dollar canadien vers de nouveaux sommets.
«Je ferai valoir à M. Dodge aujourd'hui qu'il devrait être très, très inquiet de l'impact sur les fabricants canadiens lorsqu'il entreprend d'établir la politique monétaire du Canada», a indiqué M. Sorbara alors qu'il se dirigeait à une rencontre des ministres provinciaux et fédéral des Finances.
L'Ontario a perdu environ 140 000 emplois dans le secteur manufacturier au cours des quatre dernières années, a poursuivi le ministre. La situation est semblable dans le même secteur au Québec, où plus de 130 000 emplois ont disparu durant une période équivalente.
Selon le ministre Sorbara, le gouvernement ontarien et Ottawa ont tous deux fait leur part pour encourager le secteur manufacturier, notamment en réduisant son fardeau fiscal et en favorisant les déductions pour amortissement sur les nouveaux équipements. Mais la progression du dollar canadien reste dévastatrice pour le secteur.
«M. Dodge doit s'inquiéter de l'impact d'une hausse des taux d'intérêt sur le dollar et de l'impact d'un dollar plus fort sur les fabricants canadiens», a-t-il indiqué.
Le gouverneur de la banque centrale a averti la semaine dernière qu'il pourrait devoir hausser de nouveau le taux d'intérêt directeur, le 10 juillet, pour empêcher l'économie canadienne de surchauffer et afin de garder un certain contrôle sur l'inflation.
La banque a néanmoins reçu une bonne nouvelle mardi lorsque Statistique Canada a rapporté que l'inflation de base, qui était de 2,5 % en avril, s'était amoindrie à 2,2 % au mois de mai.
Les ministres sont réunis au centre de retraite gouvernemental du lac Meech, en banlieue de la capitale, du côté du Québec, pour discuter de l'état de l'économie et des problèmes en lien avec l'union économique.
Péréquation
Même si cela n'apparaît pas à l'ordre du jour officiel, trois provinces -- la Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador et la Saskatchewan -- pourraient rechercher l'appui de leurs consoeurs dans leur lutte contre le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, à propos de la péréquation. Les trois provinces ont accusé le gouvernement fédéral d'avoir trahi sa promesse d'exclure les revenus du pétrole et du gaz naturel de la nouvelle formule de péréquation du dernier budget.
Il est cependant peu probable que les autres provinces se montrent très réceptives, puisque l'addition de la péréquation est toujours égale à zéro; les gains d'une province représentent toujours des pertes pour une autre.
Le ministre Flaherty a indiqué lundi, lors d'une entrevue, qu'il ne s'attendait pas à voir l'émergence d'un front commun sur la péréquation, notant au passage que les provinces elles-mêmes n'avaient toujours pas réussi à s'entendre sur la meilleure approche à adopter.

