Procès Black: un «homme bien» accusé injustement

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PC
Édition du jeudi 21 juin 2007

Mots clés : procès, Conrad Black, Économie, Justice, États-Unis (pays)

Chicago -- Conrad Black n'est pas un fraudeur mais plutôt un «homme bien» qui n'a jamais volé personne, a indiqué son avocat aux jurés, qui continuaient hier d'entendre les plaidoyers finaux au procès de l'ex-magnat de la presse.

Si Black et ses coaccusés ont ourdi un complot, le manque de preuves trahissant leur collaboration aurait nécessité qu'ils puissent chacun lire dans leurs pensées, a estimé Ed Genson, l'avocat américain de Black. «La plus grave des accusations est une accusation qui, dans ce cas particulier, ne s'applique même pas.»

L'accusation de manoeuvre frauduleuse à laquelle Black fait face est souvent utilisée dans les procès contre la mafia et exige que les individus se soient consultés et aient conspiré pour effectuer leur fraude. Cette accusation a permis aux procureurs de geler et saisir plusieurs des actifs de Black.

Me Genson a aussi minimisé les accusations d'obstruction de la justice qui pèsent contre son client, ainsi que les allégations voulant qu'il ait abusé des privilèges reliés à sa fonction. «Conrad Black n'est pas coupable, a-t-il dit. Conrad Black n'a fraudé personne. C'est un homme un petit peu têtu, mais c'est un homme innocent.»

Selon lui, le gouvernement a outrepassé ses droits en accusant Black, et les procureurs ont manipulé les faits dans la construction de leur plaidoyer.

Cette affaire, a-t-il ajouté, ne peut pas se conclure par un verdict de culpabilité. «Conrad Black est un homme bien, a-t-il fait valoir aux jurés. Conrad Black a fait beaucoup de bonnes choses pour Hollinger [...]. Être fortuné ne fait pas de quelqu'un une mauvaise personne.»

Mode de vie

Me Genson, qui a parlé pendant tout juste un peu plus d'une heure à la deuxième journée du plaidoyer final de son équipe, s'en est aussi pris à plusieurs accusations qui, selon lui, ont été utilisées contre Black pour influencer négativement le jury à cause de son mode de vie.

Black est accusé d'avoir abusé des fonds de sa compagnie notamment en utilisant un jet de l'entreprise pour des vacances personnelles à Bora Bora, en facturant Hollinger pour un repas organisé au chic restaurant new-yorkais La Grenouille pour souligner l'anniversaire de sa femme et en achetant un appartement de Park Avenue à Hollinger à un prix inférieur à celui du marché.

Me Genson a fait remarquer que Black avait payé lui-même une partie de la fête d'anniversaire et la totalité du voyage à Bora Bora, et qu'il s'était simplement prévalu de l'application d'un contrat d'option lorsqu'il a racheté l'appartement. «Hollinger n'a pas perdu d'argent dans la vente de l'appartement, a-t-il noté. Elle n'en a pas fait non plus -- mais c'est la faute du contrat.»

Les plaidoyers finaux devraient se poursuivre jusqu'au début de la semaine prochaine.


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